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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 12:55

A l’occasion des diffusions récentes des nouvelles photos de Cérès prises par la sonde Dawn, le JPL faisait une conférence de presse et répondait aux questions de la presse. Le moins que l’on puisse dire c’est que plus on observe et moins on comprend…

Ci-joint traduction approximative et rapide de quelques passages…

Press Briefing: Ceres: Dispatches from a Dwarf Planet

Carol Raymond (NASA Jet Propulsion Laboratory)

Low Altitude Mapping Orbit depuis mi-décembre.

 

Compte tenu de l’incapacité à prédire où se trouve la sonde exactement des semaines à l’avance, nous avons prévu cette cartographie complète pour s’assurer que l’on puisse couvrir chaque inch de la surface. Vous notez qu’il y a un manque qui persiste pratiquement jusqu’à la fin de la cartographie et que nous attendions qu’il soit complété et finalement (2.05) ça été le cas yeee[0] et alors nous avons du faire des ajustements[1]  pour être surs que nous avions récolté les derniers éléments. Nous avons accompli notre objectif de cartographier Cérès avec une précision de 35 m par pixel (A la fin de la conférence, il est précisé que Dawn continue sa cartographie avec une précision 3 fois supérieure (un peu moins de 12 m) en se situant plus près de Cérès que ce que peut l’être la station spatiale internationale par rapport à la Terre).

 

Occator est le cratère qui dispose des tâches brillantes. Occator est un cratère de

92 km de diamètre, 3 km de profondeur et de 70 à 80 millions d’années et il a une couleur bleu et le bord du cratère est plutôt rougeâtre ce qui semble indiquer une composition ou une structure différente. A la fin de la conférence, Carol confessera que la brillance de la tâche reste un mystère car comment garantir une surface immaculée pendant 80 millions d’années dans une système solaire qui n’arrête pas d’être saupoudré de poussières… 

Les caractéristiques du cratère. On voit à 3 h des bords qui sont avachis vers l’intérieur du cratère et l’on observe des fronts d’écoulement, de la matière qui s’écoule à l’intérieur du cratère.

Le centre brillant est 2 fois plus lumineux que les taches aux alentours.

Il y a un dôme au centre de la tâche et le matériau a rempli la dépression. Il y a de nombreuses fractures autour et le dôme central a une coloration différente des alentours et des fractures concentriques se développent et la distribution de matériau est irrégulière. Le dessin des fractures, la différence de couleur et l’ensemble de la géomorphologie nous suggèrent une activité récente, le cratère n’est pas si vieux mais il apparaît que de la matière arrive par dessous. Nous essayons de comprendre si le matériau est récent et pourquoi ses caractéristiques sont différentes des alentours et par quel processus ce matériau est remonté à la surface. Nous voyons des tâches brillantes ailleurs sur Cérès, ce n’est pas un processus unique à Occator et Ralf Jaumann va nous en parler.

 

Ralf Jaumann (German Aerospace Center, DLR) 8.58

Occator est bien entendu une des spécificités de Cérès mais elle n’est pas unique et il y a d’autres objets parfois différents d’Occator qui en font des objets géologiquement très intéressants (En fait on ne comprend rien).

Haucapati : Cratère d’impact régulier mais aussi des parties en pente douce de couleur bleu et l’on voit des fronts d’écoulement. Il y a un resurfaçage avec des marques qui ne sont pas des cratères d’impact mais des zones de dégazage, et les fronts d'écoulement sont à des niveaux différents et le resurfaçage semble complexe.

 

Ahuna Mons :

La montagne a 20 km de diamètre et 5 km de haut et juste à côté il y a un cratère d’impact qui n’a rien à voir géologiquement avec la montagne. Il est difficile d’expliquer les caractéristiques spectrales de la montagne qui présente aussi des couleurs bleus et en agrandissant on s’aperçoit que la montagne s’est littéralement élevée du sol embarquant avec elle le matériau de surface. Cette montagne est unique dans le système solaire et unique sur Cérès. Cette montagne semble récente. Il y a quelque chose sous la surface de Cérès.

 

Haulani Crater:

32km 3km le bleu brillant est au centre mais une surface très douce sans cratère d’impact et de nouveau des marques de dégazage. Et autour des caractéristiques d’écoulement. Le matériau est très mobile.

 

Cristina (Maria Christina  de Sanctis  National Institute of Astrophysic, ils ont oublié son nom dans la légende de la vidéo[3]) :15 :00

Les différences dans la réflectance représentent des différences en composition de la surface. philosilicates,  phylosilicates ammoniaqués plutôt présents au centre des cratères.

Haulani Crater

La température du matériau est aussi captée. Le rouge est significatif d’une température élevée et la couleur bleu d’une température plus basse. La température semble beaucoup plus élevée autour du cratère qu’à l’intérieur et l’on ne comprend pas cette anomalie.

 

19 :28

Thomas Prettyman (Planetary, Science Institute) qui fait pour commencer un topo sur l’équipement GRaND[2] et l’utilisation des rayons cosmiques pour mesurer le taux de neutrons émis par Cérès. Les neutrons sont très affectés par la présence d’hydrogène à la surface. Mesure de rayon gamma.

L’échantillonnage se fait à un mètre en dessous de la surface et les mesures peuvent se faire sans la lumière du soleil car on utilise les rayons cosmiques.

Grand a une résolution plus faible que celle des photos.

Un carte des données de comptage des neutrons. Les couleurs proviennent de Grand et l’on observe un comptage plus élevé des neutrons à l’équateur et bien plus faible au pôle. Cérès pourrait avoir au pôle une calotte glaciaire.

 

 

 

A la fin de la conférence et suite à une question de l’assemblée, Europa est évoqué et il pourrait fort bien être possible que Cérès soit une sorte de « lune océan » à l’image d’Europa mais qui se serait « congelée ». Le côté « vivant » ou plutôt mobile de l’astéroïde est évoqué par le spécialiste allemand soulignant les nombreux mécanismes différents intervenant dans le processus de resurfaçage et la question intrigante de la nature du matériau (liquide ou solide, fines particules) qui semble fluer dans un environnement où la gravité est très faible. Une énigme supplémentaire… On notera au passage que certaines questions posées à la fin de l’exposé rendent mal à l’aise Carol Raymond qui ne sait plus comment s’en sortir si ce n’est par une pirouette en disant que tout cela est passionnant et demande encore beaucoup de travail. On notera aussi que les intervenants Européens ne semblent pas aussi rompus au maniement de la langue de bois que leurs homologues US et qu’ils laissent filtrer dans leurs propos des informations très intéressantes.

Vers la fin de la conférence, il est évoqué des mesures gravimétriques qui permettraient de caractériser la structure interne de Cérès, un peu d’ailleurs ce qui a été fait avec Vesta… pour détecter des cavités radiales peut-être ?

Dans la section commentaire associée à la vidéo, on trouve celui d’un certain ou d'une certaine « thenebula » auquel je souscris pleinement…

Commentaires de thenebula :

Je me demande si nous verrons un jour la NASA employer un archéologue dans leurs équipes ? Il semble tout à fait normal de spéculer et de théoriser à propos des possibilités différentes chimiques, atmosphériques, géologiques, etc lorsque l’on essaye d’expliquer le « dôme » et la brillance des tâches, mais il y a à l’évidence un éléphant dans la salle et il est si condescendant (je crois) pour le public, de tourner autour du pot et d’éviter même les possibilités les plus osées. Ce à quoi je fais référence est le caractère artificiel- vestiges d’une technologie avancée passée- Oui, les ET ! Oui, je le dis. Pourquoi, oui pourquoi est-ce correct d’avoir des physiciens théoriciens qui peuvent bredouiller sur à peu près tout ce qu’ils aiment et plus, et ne trouver nulle part une piste même de la plus légère possibilité d’une implication d’une civilisation ET avancée ? – Et cela inclut Mars (et spécialement Mars), c’est une hérésie ! La NASA n’aurait-elle surement pas plutôt des gens comme Richard Hoagland[4]  profitant de telles recherches spéculatives – Pourquoi ne pas juste relever le défi- rendre public et être honnête avec le public et au moins reconnaître publiquement, qu’il est permis de théoriser à propos d’une implication extraterrestre, même si finalement cela s’avère être faux.

 

[0] On se demande si on ne se moque pas un peu de nous ???

[1] Des ajustements ou des bidouillages par crainte de laisser passer des informations qui pourraient inciter à se poser d’autres questions?

[2] GRanD est l’acronyme de Gamma Ray and Neutron Detector, un détecteur de rayons gamma et un compteur de neutrons.

En fait, le principe est d’utiliser les rayons cosmiques qui balaient le système solaire (principalement des protons énergétiques, de l’ordre du giga électron volt) pour observer leurs interactions avec les surfaces planétaires et les atmosphères. Ici Cérès (ou Vesta) et comme ces astéroïdes n’ont pas d’atmosphère, on observe les interactions (principalement des neutrons éjectés) avec les matériaux de surface jusqu’à une profondeur de quelques mètres. L’interaction des neutrons produit des rayons gamma, que ceux –ci proviennent d’un processus lié à la radioactivité naturelle ou des collisions suite aux impacts de rayons cosmiques et vous pouvez mesurer ainsi l’abondance des éléments principaux ( magnésium, aluminium, silicium, oxygène, fer).

[3]

Conclusions : Les résultats préliminaires indiquent que la régolithe de Cérès est riche en hydrogène, en composés carbonés avec de l’eau glacée présente près de la surface aux latitudes élevées. Avec plus de données, il sera possible de quantifier et de fixer les limites de concentration des éléments additionnels comme le Carbone, le Magnésium, le Soufre, le Chlore le Potassium et le Nickel.

[4]

https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Hoagland

Hoagland est un ex-conseiller en matière aérospatiale pour la NASA et pour la chaine CBS1

Une carte à la fois thermique et des taux de comptage épithermique de Cérès (bleu-Jaune-rouge) mesurés par GRanD. La carte est supperposée à Cérès et son relief. Le modèle montre les latitudes nord. Les taux les plus bas trouvés au pôle sont en bleu. Les taux les plus élevés à l’équateur sont en rouge.

Une carte à la fois thermique et des taux de comptage épithermique de Cérès (bleu-Jaune-rouge) mesurés par GRanD. La carte est supperposée à Cérès et son relief. Le modèle montre les latitudes nord. Les taux les plus bas trouvés au pôle sont en bleu. Les taux les plus élevés à l’équateur sont en rouge.

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