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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 21:26

La notion d’Ecopoiesis[0] se réfère à une planète sans vie sur laquelle on va implanter un écosystème “exotique” de façon naturelle (bombardement météoritique et panspermie) ou artificielle (sonde spatiale ou moyens plus diffus). Mais cette démarche pose question car elle repose sur un certains nombres d’à priori, d’allant-de-soi et implique des questions éthiques:

  • Une définition de ce que l’on appelle la vie qu’il faudrait généraliser à l’ensemble de l’univers, ce qui implique que la notion de vie puisse être bornée. Ce dernier point n’est pas évident à priori, il n’est même pas évident du tout.
  • Partant de là, considérer qu’une planète ou un satellite est sans vie est un jugement articulé dans une culture/éthique locale qui n’est pas forcément représentative de la réalité.
  • Cela débouche alors sur des questions éthiques liées à de tels processus d’autant plus que l’on peut alors imaginer des écopoieses invasives impliquant des planètes/satellites déjà occupés.
  • Se pose ainsi la question de la corrélation vie/planète surtout dans le cas où pour prendre un exemple et illustrer à la fois les propos et la complexité, cette vie est issue d’un ensemencement panspermique météoritique sur un astre “mort” matériellement lors de son insémination mais grouillant de vies spirituelles. Vous noterez au passage que j’étends la notion de vie bien au-delà du simple domaine matériel et que je l’intègre dans une conception élargie de multivers, ces derniers pouvant se révéler totalement immatériels mais bien réels et s’affirmant comme tels par des effets de rétroaction (allers/retours) entre eux s’exprimant dans notre matérialité.
  • Pour coller avec une actualité brulante, apparaît alors la question de l’identité, fut-elle planétaire. Suis-je ce que j’ai conscience d’être? Question déclinable à titre individuel et/ou collectif et est-ce que mon être, mon mode d’être est compatible avec l’astre sur lequel je suis né et où j’évolue. Mon apparence physique, ma forme me définissent-ils où est-ce plutôt ma conscience ou mon mode d’être? D’autant plus que ces derniers peuvent changer au cours du temps, pour prendre une analogie, la chenille en papillon, la changeante de “L’attaque des clones” [1], Zam Wesell qui est une espèce d’alien qui a la faculté de changer d’apparence physique (Quel est son vrai visage, son espèce et sa planète d’origine? Au fond est-elle un lézard ou une fille de type eurasien?), ou ses phénomènes de possessions où le corps semble investi par une entité “autre”, ici l’aspect physique reste “identique”, c’est “l’intérieur” qui semble différent.  Ce que nous voyons de l’autre n’est-il qu’une facette et existe-t-il des êtres dont la vraie nature nous échappe? Certains comme ceux décrit par Dante dans la troisième zone du septième cercle, la Tolomea[2], ces traites envers leurs hôtes et leur patrie qui ont la tête renversée en arrière et que le gel empêche de pleurer, ayant l’insigne privilège de descendre en enfer avant leur mort, leur corps restant sur la Terre, gouverné par un démon qui en fait ce qu’il veut.
  • Et finalement dans cette effarante complexité, existet-il des modes d’être partagés, communs, en quelque sorte en syntonie avec non seulement la planète/l’astre à l’origine de la vie mais aussi et surtout avec son Complémentaire avec un grand C qui désigne tout ce qui est Autre?
  • Qu’est ce que peut un corps, fut-il matériel et/ou spirituel?

La réalité n’est peut-être qu’une conjonction d’apparences nécessitant une pensée en émergence pour sortir du processus du continu qui nous enferme dans le paraître. Ne faut-il pas penser par hapax, épiphanies pour sortir de l’embrayeur “Je pense donc je suis”, ce processus rationnel cartésien à la fois projetant et emprisonnant?

A suivre.

 

La réalité ne dépasse-t'elle pas la fiction?

La réalité ne dépasse-t'elle pas la fiction?

[0] Cf Haynes, RH (1990), "Ecce Ecopoiesis: Playing God on Mars", in MacNiven, D. (1990-07-13), Moral Expertise: studies in practical and professional ethics, Routledge. pp. 161–163. ISBN 0-415-03576-7.

[1] Voir l’excellent livre de Gilles Vervisch STAR WARS, la philo contre-attaque.

[2] Dante, la divine comédie-Chant XXXII.

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