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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 07:57

La question du contact extraterrestre est abordée d’une telle façon que les réponses que l’on donne sont engluées dans nos conceptions culturelles limitées. Par exemple, on envisage souvent cette histoire selon deux axes :

  • l’arrivée massive de vaisseaux sur Terre comme dans le cas de "Arrivals" ou du film guerrier "Independande day" pour ne citer que des exemples récents ou très connus.
  • ou alors la détection d’un signal extraterrestre via la radioastronomie (cas du  film "Contact").

Mais n’y aurait-il pas une infini palette de possibles allant d’une interaction très discrète avec notre monde sous la forme d’insectes intelligents se livrant à l'espionage, sorte d’intelligences artificielles « biologiques » miniaturisées, voir une cinquième colonne bactérienne, une interaction via la sphère spirituelle ou imaginale[-2]  ou encore plus simplement de véritables extraterrestres intervenant sur nos réseaux sociaux ou postant des courriers, etc… Le nombre de possibles est comment dire, inimaginable et les objectifs et motivations de ces visiteurs nous seraient aussi abscons que peut l’être pour la fourmi et  cette intelligence collective, la fourmilière, l’activité humaine de la recherche du profit !

Dans ce cadre la question d’un plan « pour répondre aux extraterrestres  potentiels » apparaît comme « surannée » et « dépassée ». L’importance de cette affaire n’est pas alors forcément dans le quoi répondre mais bien plutôt  ce que cet événement  nous dirait sur la vie dans le cosmos et les rapports que nous entretenons avec les choses. En clair et en s’inspirant de Deleuze et du philosophe Nicolas de Cuse[-1], la question du Possest[0]. Qu’est-ce que l’on peut nous et qu’est-ce que peuvent les autres, quelle est leur puissance ?

A méditer[1].

 

[-2] Cf le journal de Jane Roberts et le fameux Seth.

[-1] On notera avec intérêt que Nicolas de Cuse s’interessa à la question des infinis et dépucela le terrain pour des penseurs comme Giordano Bruno et Copernic. A noter, toujours en restant dans la question extraterrestre :

  • l’analogie avec le cercle et sa méthode pour penser l’infini :

“Selon lui, en passant à la limite, la raison est obligée de changer de régime, en allant du principe de non-contradiction à celui de la « coïncidence des opposés ». Un polygone inscrit dans un cercle finit par exemple par devenir le cercle lui-même, et donc une figure sans côté (un non-polygone), à mesure que le nombre de côtés augmente” qui d’une certaine façon introduit la question de la “forme” limite qui peut se dégager suite à la multiplication des possiblités.

  • La question de la “communication des idiomes”.
  • Le fait que son nom était en fait Nicolas Chrypffs (ou Krebs) signifiant écrevisse, crabe, par je ne sais quel mystère les noms de famille aiderait-il à penser l’altérité?

 

[0] La conjonction de deux mots latins, « posse » l’infinitif du verbe pouvoir et « est » qui est la troisième personne du verbe être à l’indicatif. Le « Possest », c’est l’identité de la puissance et de l’acte par quoi je définis quelque chose. Donc je ne définirais pas une chose par son essence mais par ce quelle peut, à la lettre, en acte. Cf Deleuze.

[1] Si l’on établit un pont temporel entre cette proposition de Alain de Lille à propos de l’univers qui serait “une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part” et les travaux de Robert Jaulin sur “l’Univers des Totalitarismes”, il me semble que nous avons là les embryons des outils nous permettant de penser l’autre. Si nous faisons germer tout cela dans des “boîtes de Petri”, pour prendre une analogie, que constitueraient des communautés de pratiques à la Wenger, il me semble que nous pourrions progresser dans l’approche de la question de l’autre sans nous “projeter” sur l’axe unidimensionnel de nos fantasmes.

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