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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 22:41
Les mondes océans. Dans le système solaire? Europa, Dione, Pluton, Encelade, etc et je ne parle pas des lunes de Jupiter…
Les mondes océans. Dans le système solaire? Europa, Dione, Pluton, Encelade, etc et je ne parle pas des lunes de Jupiter…
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Les mondes océans. Dans le système solaire? Europa, Dione, Pluton, Encelade, etc et je ne parle pas des lunes de Jupiter…

Que penser des êtres qui vivent sous les glaces d’un océan gelé en surface? Pour atteindre les étoiles n’auront-ils pas trois milieux à traverser, leur milieu naturel liquide, la couche solide de glace et éventuellement un atmosphère ténue pour finalement atteindre la « sphère des fixes ». Nous ne nous rendons pas compte, nous humains, de la chance que nous avons de pouvoir tourner nos yeux vers les étoiles et apprécier cette voie lactée et ces fabuleuses lumières du cosmos directement. Et pourtant, combien de temps nous a t’il fallu pour apprécier et comprendre cette voute céleste (ou du moins plus humblement de sentir et percevoir sa plénitude et son infini richesse et complexité). Mais nos êtres qui vivent sous les glaces d’un océan gelé, comment peuvent-ils se projeter hors de leur monde ? Ici la révolution à concevoir n’est pas uniquement par la pensée et l’interprétation des choses, mais physiquement elle consiste à passer un œil (en on t’il seulement un ?) hors du cocon en traversant 3 milieux ! Paradoxalement c’est à la fois plus compliqué physiquement et peut-être plus facile imaginalement. Car cette cécité du monde extérieur par un mur de glace fauteur peut-être à l’origine d’un investissement dans les profondeurs d’un univers qui est au delà de la peur, un immatériel matériel qui fait d’un océan obscur la lumière de l’être, celle qui éclairera les profondeurs du rayon de la vie. Eh oui, même sur Terre nous sommes confrontés à ces poissons des abysses qui ont développé leurs propres phare de l’explicite, un peu comme si cette lumière qui ne pouvait venir du dehors, s’exprimait de l’intérieur, la lumière de la néguentropie. Et si dans un parallèle osé, ces êtres des profondeurs développaient une relation (des relations au monde) qui par l’impossibilité d’accéder directement à la voute céleste développeraient un accès particulier au monde imaginal et du coup fabriqueraient des outils d’interaction certes immatériels mais tout aussi puissants que nos outils techniques pour explorer le monde ? Si l’on décline cette approche sur la Terre, on peut s’intéresser aux baleines et aux dauphins qui disposent d’un grand cerveau muni de nombreuses convolutions[a]. De la à imaginer qu’il dispose d’un langage et d’une culture qui va avec, il n’y a qu’un pas :

 

Et ils auront peut-être développé une sensibilité à l’imaginal que nous sommes incapables d’envisager tant nous bredouillons dans ce domaine, cet imaginal, hymne vaginal, trou noir de l ‘enfantement et de la cocréation. Je pars ici d’une conception quadratique de notre univers constitué d’une double paire (Matériel/Spirituel), (l’univers/Son jumeau) dont la composition des rapports (cf Spinoza) fabrique les lignes de vie ou d’existence à la manière du tableau de Escher (les mains). L’apparition de la conscience constitue alors une émergence, sorte de concentration néguentropique orientant, par déformation du substrat, les lignes de vie dans une faisceautisation engendrant une métaémergence.

Les mains Escher
Les mains Escher

Les mains Escher

Les paires jumelles.
Les paires jumelles.
Les paires jumelles.

Les paires jumelles.

Pure spéculations me direz-vous. Peut-être mais force est de constater que ce monde est loin de la politique de l’ontologie positiviste que l’on essaye de nous imposer par des dogmatismes que l’on peut considérer comme fascisants, fascisants étant pris ici dans le sens de pensées/modes d’être nous orientant sur des lignes de mort d’un devenir entropique, vers l’antre au pire, la mort de la civilisation et peut-être de la biosphère. Il y a pourtant bien autres façons d’être, d’autres possibles, des façons multiples de conjuguer nos rapports au monde qui par leurs explorations intimes nous montrent le chemin de l’autre. La question fondamentale consiste à percuter les épouvantails du conformisme pour injecter les germes d’une pensée des étoiles[b] [c] [d]...

 

[a]

« A creature well-fitted to its environment needs no tools, It is only the weak, the unfit that change the world. » Pat de Graw « Pollimander’s Man-Thing »

 

[b] Le modèle Janus.

https://www.jp-petit.org/nouv_f/videos_liens/Janus-A.pdf

https://www.jp-petit.org/nouv_f/videos_liens/Janus-B.pdf

 

 

[c] Pour une interprétation géométrique des charges: A.D.Sakharov.

La structure topologique des charges élémentaires et la symétrie CPT.

Les hypothèses sur la structure topologique des charges élémentaires furent émises en premier par Wheeler, qui examina le champ électrique vide pour un objet ayant la structure topologique d’une « poignée » ou d’un « trou de ver ».

Dans cet article nous utilisons la terminologie topologique ordinaire. Nous examinerons par exemple, un espace à trois dimensions duquel sont découpées deux sphères. En identifiant par paire les points d’une sphère avec ceux de l’autre, nous obtenons le trou de ver, alors que chaque sphère est appelée la « base ». La base peut avoir une structure topologique plus compliquée qu’une sphère (par exemple, un tore, un nœud avec un ou un nombre plus important de pétales, etc.). Le trou de ver dans un espace-temps à 4 dimensions x, y, z, t est défini de manière analogue.

Dans son modèle original, Wheeler examina la configuration spatiale du trou de ver et de la base topologiquement équivalente à une sphère. Dans son modèle, sans violer les équations du vide de Maxwell, une base pouvait être considérée comme la source d’un champ électrique et l’autre, l’entonnoir. Wheeler considéra ces deux bases comme un modèle possible des charges élémentaires positives et négatives. L’idée de la structure topologique des charges élémentaires fut élaborée plus en détail dans un autre travail de Wheeler[1]

Ici, nous examinerons les trous de ver d’un autre type, en admettant une interprétation topologique immédiate des charges élémentaires de divers types et signes. L’hypothèse émise ci-dessous se conforme le plus naturellement à ces charges qui n’ont pas d’interactions à long rayon d’action, c’est à dire, aux charges baryoniques et aux deux leptoniques, et non aux charges électriques. Comme il est bien connu, l’interaction à long rayon d’action est étroitement connectée à l’invariance du Lagrangien en ce qui concerne le gradient de transformation (voir dans cette approche, Lee et Yang[2]). Nous ne discutons pas ici l’interprétation de la loi de conservation de la charge électrique. Pour toutes les autres charges nous faisons l’hypothèse d’une origine purement topologique des lois de conservation des charges, évitant donc la difficulté mentionnée dans la Ref 2 : l’absence d’interaction à long rayon d’action et d’un champ compensateur (Jauge).

La figure 1 décrit les nœuds tridimensionnels avec trois et cinq pétales, que nous examinerons comme les bases du trou de ver. Nous supposons que la base du nœud avec tout nombre impair de pétales correspond à un ou l’autre type de charge, alors que l’image dans le miroir de ce nœud correspond à la charge de signe opposé (a et a barré, b et b barré sur la figure 1).

Une histoire de noeuds- Figure 1- Enantiomorphie quand tu nous tiens

Une histoire de noeuds- Figure 1- Enantiomorphie quand tu nous tiens

En s’orientant vers la cinématique, nous examinerons les bases dans un espace temps à 4 dimensions, x, y, z, t. Prenons les tranches tridimensionnelles de la base qui ont une structure de nœud (schématiquement décrite dans la figure 2).

Figure 2

Figure 2

Si une tranche tridimensionnelle est comme un nœud spatial, alors la base représente un charge ou une anti charge. Une tranche temporelle du nœud correspond à la création ou à l’annihilation de paires charge-anti charge. Ceci correspond à l’interprétation bien connue de Zeisman-Feynman de la création de paire ou de l’annihilation comme une inversion de la ligne du monde de la particule.

Dans la moitié supérieure de la figure 2 est dessinée une base correspondant à une boucle vide : Le point A représente une création de paire ; le point B, la charge ; le point C, l’annihilation de la paire ; le point D, l’anti charge (les tranches tridimensionnelles de la base sont dessinées schématiquement).

Nous supposons alors que le trou de ver est défini par l’identification des paires des deux bases, appartenant à deux espaces à 4 dimensions image l’un de l’autre dans un miroir T et T barré. En conformité avec les hypothèses de l’auteur[3] concernant la symétrie CPT de l’univers, nous faisons l’hypothèse que T et T barré sont deux moitiés d’un seul espace temps à 4 dimensions. Cette hypothèse est indépendante et pas nécessaire pour l’hypothèse émise dans ce travail mais elle nous semble naturelle. Et donc, nous considérons qu’à tout point de la surface à la cavité de la base avec les coordonnées x, y, z, t, correspond un point sur la base miroir de coordonnées x, y, z, -t. L’hyper surface de symétrie à t=0 est l’hyper surface cosmo logiquement singulière d’extension 0 qui ne coupe aucune base (l’état initial de l’Univers de Friedman est neutre pour toutes les charges). Dans la figure 2 est aussi décrit schématiquement la base miroir A barré, B barré, C barré, D barré. Aux bases en forme de nœuds nous attribuons un spin moitié entier en conformité avec les idées de Zeisman sur la connexion entre les charges élémentaires et la moitié d’un spin entier. En théorie quantique le vecteur d’état est une fonction ϕ des champs ψl définis dans l’espace temps quadridimensionnel T + T barré :

ϕ=ϕ(ψl(x,y,z,t))

Cependant, en vertu de l’hypothèse de la symétrie CPT, nous pouvons écrire :

ϕ (T+T barré) -ϕ(T) ϕ(T barré) =|ϕ(T) |2=|ϕ(T barré) |2

 

Alors si ϕ (T+T barré) se transforme sous des rotations tridimensionnelles comme un vecteur d’état avec un spin entier impair, alors ϕ(T) et ϕ(T barré) transforment comme des vecteurs d’état avec un spin à moitié entier.

Quand l’hypothèse émise dans cet article est examiné sérieusement, de nombreuses questions se posent :

1 Quelles significations physiques ont les bases qui ne sont pas topologiquement équivalentes à des nœuds (celles équivalentes à une sphère, un tore, ou à des régions connectées multiples variées avec et sans torsion) ?

2 Quels champs et densités Lagrangiennes doivent être postulés pour déterminer le déplacement dynamique pour les charges ?

3 Comment peut on mener le calcul des tranches et masses des états quantiques stationnaires (particules) ?

Nous avons seulement apporté  pour la seconde question une tentative osée de suggestion.

Considérons que l’espace-temps quadridimensionnel x, y, z, t est un espace de Riemann avec une torsion. Dans ce cas, le coefficient de connexion Γikl n’est pas symétrique dans ses indices faibles et il existe un tenseur gamma,

Γi[kl] =I/2(Γikl-Γilk)

Les composants de ce tenseur ont les dimensions des tensions de quelques champs. Nous faisons l’hypothèse que la densité Lagrangienne est définie par les invariants du tenseur gamma, Γ1 de dimension L-2 et Γ2 de dimension L-4 . L’invariant Γ1 est analogue en structure à l’invariant électromagnétique bien connu E2 –H2, alors que Γ2 est analogue à l’invariant (EH)2. Arbuzov et Fillipov ont considéré le tenseur gamma comme définissant directement le champ électromagnétique. Ici, nous ne prenons pas ce point de vue.

Afin de localiser les états stables qui existent, il est essentiel qu’il y ait des termes dans le Lagrangien qui transforment différemment sous des transformations similaires. Nous faisons l’hypothèse que la densité Lagrangienne a la forme (bien entendu, ceci est une hypothèse première)

L=M2 Γ1+ AΓ21 +BΓ2 (3)

Ici, nous avons mis h=c=1 ; les coefficients A et B sont proches de 1 ; et M est une masse caractéristique, probablement de l’ordre de la masse de Plank, proche de 2*10-5g.

Nous supposerons que la courbure scalaire R, qui entre dans le principe d’action de Hilbert, ne rentre pas dans la densité Lagrangienne. Une telle hypothèse fut faite par l’auteur dans son travail précédent [4]. Il existe plusieurs arguments qui montrent que la présence dans R d’une dérivée seconde gik détruit l’élégance de la théorie. C’est en particulier vrai si dans la densité Lagrangienne, les quantités comme R entrent non linéairement (qui bien sur est le cas dans les théories des champs unifiés). Dans ce cas, même si l’expression pour la variation de l’action, les dérivées secondes ne peuvent-être exclues. Dans le Lagrangien phénoménologique, bien entendu, de la quantité R et d’autres invariants analogues entrent comme d’habitude dans le calcul des effets quantiques de la polarisation du vide du champ de gravitation (cf. Ref. 4).

Pour la théorie quantique nous faisons l’hypothèse que dans l’espace x,y,z,t il est défini une série de champs de valeurs complexes ψl(x,y,z,t), à travers les formes différentielles desquelles sont définis tous les tenseurs et les invariants de la théorie ; par exemple, nous avons le tenseur métrique

Gik = ½ Σ ( δ ψl /δ xi * δ ψ*l /δ xk + δ ψl /δ xk *δ ψ*l /δ xi)           (4)

et le tenseur gamma.

L’état du vecteur est une fonction d’un ensemble fini de fonctions . L’introduction de tenseurs de la forme (4) a l’avantage que, sous une intégration fonctionnelle, on peut aisément voir qu’il reste un invariant sous les transformations de coordonnées.

Les états stationnaires sont des superpositions d’un vecteur d’état qui a un ensemble donné de charges n3, n5, n7, etc., et un nombre infini de vecteurs d’état qui lui sont différentiés par des paires de charge-anti charge.

En conclusion, nous notons que l’hypothèse de la construction des particules élémentaires à partir d’un grand nombre de charges élémentaires ouvre de nouvelles possibilités pour expliquer la stabilité des particules. Pour illustrer ces idées nous examinons le modèle hypothétique suivant. Prenons les leptons avec une charge leptonique (électron et neutrino) faite de 19 nœuds avec 3 pétales (n3=19) et représentons les comme un icosaèdre (20-hedron) avec une face retirée. Une telle structure peut avoir une énergie minimum si la loi de l’attraction de ce qui ressemble aux nœuds requiert leur disposition sous forme d’une surface. De façon analogue, pour le modèle du neutrino μ, nous faisons l’hypothèse d’une structure dans la forme d’un dodecahèdre avec une face retirée ; de plus chaque facette est un nœud avec 5 pétales (n5=11). Si maintenant un baryon est représenté par une structure consistant en des nœuds n3 avec 3 pétales et des noeuds n5 avec 5 pétales (il est possible que n3 et n5 soient divisibles par 3 ; c’est à dire les baryons sont faits de 3 quarks), puis la désintégration de baryons en leptons est décrite par la formule

209b(n3barré, n5barré) --> 11n3barréle(19,0)+19n5barrélμ (0,11)       (5)

De cette façon, la désintégration des baryons dans ce modèle est possible seulement dans un noyau d’un poids atomique d'au moins 209, et évidemment avec une très faible probabilité.

D’un autre coté, la possibilité d’une violation du nombre baryonique dans les conditions de non équilibre dans la haute densité initiale de l’univers en expansion peut conduire à des réactions qui peuvent produire un surplus de baryons sur les antibaryons :

Entropie  --> 209b + 11n3barrélebarré +19n5barrélμbarré 

(Le barré et lμ barré sont des antileptons). Ceci est en accord avec l’hypothèse en Ref.3 de la symétrie cosmologique CPT.

Dans ce modèle nous ne tenons pas compte des questions obscures de la description des effets électromagnétiques, de l’étrangeté, et du charme des interactions forte et faible.

Je suis bien conscient des grandes difficultés dans l’élaboration ultérieure de cette hypothèse et qu’il soit possible qu’elle n’ait aucun rapport avec la réalité. Mais il me semble que même dans cette éventualité, l’ouverture du champ de recherche sera prometteur. J’espère que cette pensée ne puisse pas être étrangère à la position de Igor Evgenyevich.

 

 

[1] J.A.Wheeler, Superspace, Report of the 5th Gravitational Conference in Tbilisi, 1968…

[2] T.D. Lee et C.N. Yang, Phys. Rev. 98 :1501 (1955).

[3] A.D. Sakharov, ZhETF Pis’ma 5 :32 (1967) ; JETP Letters 5 :24 (1967), trans.

[4] A.D. Sakharov, Dokl. 177 :70 (1967) ; Sov. Phys.Dokl. 12 :1040 (1968), trans.

 

 

[d] Extrait de "Les schémas de génèse : Albert Lautman".

L’existence des Idées-Nombres, dominatrices par rapport aux nombres arithmétiques, a donc pour conséquence de commander une génération des nombres comme des Idées, qui, pour n’être pas dans le temps du monde créé, ne se produit pas moins selon un ordre de l’antérieur et du postérieur. M Robin a montré comment la constitution des corps dans le Timée suppose une matière qui ait déjà été, avant l’existence du monde, le réceptacle d’une qualification géométrique. « Il y a donc, écrit-il, une génération et un devenir antérieur à la génération et au devenir du monde. » L’introduction du devenir au sein des Idées prend toute sa valeur dans l’ouvrage de Stenzel, à la lumière du texte de l’Ethique à Nicomaque (Livre I, ch. IV, cité par Stenzel, op.cit, p.118) où Aristote dit que les Platoniciens n’admettaient pas d’idées des choses dans lesquelles il existe de l’avant et de l’après. Stenzel, donne de ce texte une explication dont on ne saurait exagérer l’importance : les nombres idéaux étant le principe de détermination des essences selon l’ordre de l’avant et de l’après, il n’est pas possible qu’il y ait des « nombres de nombres », c’est-à-dire « un principe de la division des essences qui soit supérieur à cette division nombrante elle-même ». La métamathématique qui s’incarne dans la génération des idées et des nombres ne saurait donner lieu à son tour à une méta-mathématique ; la régression s’arrête dès que l’esprit a dégagé les schémas selon lesquels se constitue la dialectique. On voit bien ainsi comment se justifie notre référence au platonisme, en ce qui concerne les relations qui existent entre les théories mathématiques et les Idées qui les dominent.

Ces relations nous paraissent également comparables à celles que l’on pourrait établir entre les mathématiques et la physique. Un empirisme facile tend parfois, actuellement , à s’installer dans la philosophie de la physique, d’après lequel une dissociation profonde devrait être établie entre la constatation des faits expérimentaux et la théorie mathématique qui les relie les uns aux autres. Toute la critique des sciences contemporaines montre la faiblesse philosophique d’une pareille attitude et l’impossibilité de considérer un résultat expérimental en dehors de l’armature mathématique où il prend son sens. Par contre la réflexion critique aboutit parfois, en sens inverse, à un dogmatisme idéaliste, du fait que les mathématiques pénétrant de plus en plus le domaine de la physique, la réalité y est devenue à ce point abstraite que le savant a l’impression de ne plus jamais trouver qu’en face de son propre esprit. Telle est l’idée qui semble se dégager de la phrase célèbre d’Eddington : « Nous avons découvert l’étrange empreinte d’un pas sur le rivage de l’inconnu. Pour expliquer son origine, nous avons bâti théories sur théories, toutes plus ingénieuses et plus profondes les unes que les autres. Nous avons enfin réussi à reconstituer l’être qui laissa cette empreinte, et cet être, il se trouve que c’est nous même. » Cet idéalisme de la physique mathématique n’exclut du reste pas pour Eddington la notion de réalité, mais ce n’est plus alors la physique qui aura mission de la faire connaître, c’est un contact direct avec le surnaturel.

De toute façon, le néo-positivisme de l’école de Vienne, comme l’idéalisme des physiciens métaphysiciens anglais, séparent comme à la hache les mathématiques et la réalité, alors que la philosophie de la physique a essentiellement pour tâche le problème, qui est tout différent de ceux que nous avons envisagés au cours des pages qui précèdent ; nous allons simplement montrer comment, dans une certaine mesure, et pour reprendre les expressions dont M.Robin s’est servi à propos de Platon, le processus de liaison de la théorie et de l’expérience symbolise la liaison des Idées et des théories mathématiques.

De même que nous avions reconnu que la réalité mathématique n’était pas au niveau des êtres mathématiques, mais à celui des théories, le problème de la réalité physique n’intervient pas au niveau d’une expérience isolée, mais au niveau de ce qu’on pourrait appeler un système physique. La notion de système en physique implique que l’on considère globalement l’ensemble des phénomènes qui se passent au sein d’un certain processus, et que l’on opère une série de mesures relatives à des grandeurs intervenant dans ce processus. Il n’est du reste pas nécessaire que les mesures portent sur des grandeurs différentes, elles peuvent n’être relatives qu’à une même grandeur ; il suffit pour qu’il y ait système, que l’on mesure plusieurs fois cette même grandeur. Il est peut-être possible d’admettre que la constatation d’une mesure isolée soit antérieure à toute élaboration mathématique, mais quelle que soit la phrase ou la relation par laquelle on coordonne deux mesures, l’expression obtenue se situe déjà au sein d’une mathématique. Parler de phénomènes simultanés, c’est adopter le langage de la relativité restreinte ; parler de grandeurs successivement mesurables, c’est parler le langage des opérateurs permutables en mécanique quantique ; mesurer des intervalles entre deux niveaux, c’est disposer les résultats obtenus suivant un tableau matriciel, parler en mécanique classique de la constance d’une certaine grandeur avec le temps ; parler de l’invariance d’une certaine grandeur par rapport à certaines variations que subissent d’autres grandeurs, c’est employer le langage de la théorie des groupes ; constater la périodicité d’un phénomène c’est se servir pour représenter ce phénomène des fonctions trigonométriques ; supposer que des mesures convergent vers une limite, c’est adopter les points de vue du calcul des probabilités. De même que le mouvement d’une théorie mathématique était en même temps schéma logique de relations entre les idées, la description de l’état d’un système à un moment donné ou de l’évolution de ce système avec le temps, revient à constater la structure mathématique. La réalité physique n’est donc pas indifférente à cette mathématique qui la décrit ; les constatations expérimentales appellent une mathématique dont elles imitent déjà le dessin, parfois même avant qu’une mathématique adéquate ait encore été développée pour elles.

Il résulte de ce qui précède que la structure de l’expérience n’est pas détectable de l’expérience elle-même, et qu’en entendant par expérience, l’expérience globale relative à un système, cette structure mathématique se confond avec le système de mesures expérimentales effectuées ou possibles. Ici encore la réalité réside dans la découverte d’une structure qui est organisatrice par rapport à une matière qu’elle anime de ses relations. La philosophie de la physique aboutirait donc elle aussi à la conclusion platonicienne à laquelle nous a conduit la philosophie mathématique telle que nous la concevons : La nature du réel, sa structure et les conditions de sa génèse ne sont connaissables qu’en remontant aux Idées dont la science incarne les liaisons.

Je me sens concerné moi aussi!

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