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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 23:41
Enfant géopolitique observant la naissance de l'homme nouveau- Salvador Dali

Enfant géopolitique observant la naissance de l'homme nouveau- Salvador Dali

Un gedankenexperiment fortement inspiré par le livre de Ferando Zalamea « Synthetic Philosophy of contemporary Mathematics.

 

Le phénomène de contact entre deux civilisations pourrait-il par analogie être rapproché de ces tempêtes qui se déclenchent entre des zones de haute pression et celles de basse pression, la pression désignant ici pour les civilisations respectives les évolutions culturelles, scientifiques et technologiques, imaginales et spirituelles, ces évolutions étant d’une certaine façon indissociables, interconnectées et intriquées ? Nous observerions alors une sorte de « tempête » des modes ontiques, des transcendances de la réalité « révélant » les conditions d’émergence immanentes des êtres conscients et des civilisations qu’ils construisent. Une nouvelle science serait à créer qui serait une météorologie des modes de connaissance et qui s’appuierait sur le côté transitoire et éphémère de cet événement, de « cette tempête »[0] dont on pourrait imaginer que les mathématiques modernes (1950 à aujourd’hui) en constituent l’ossature. Ce serait une nouvelle discipline où les contraires se conjugueraient pour faire émerger la nouveauté et où les polarités seraient composées et décomposées, donneraient lieux à une différenciation/intégration, une itération/dé itération, une spécification/universalisation, une localisation /globalisation, une projection/potentialisation tout cela sous le joug de médiations respectives : oscillations, mélanges, triadisation, modalisation et faisceautisation, fonctions actives d’une synesthésie étendue pour appréhender la réalité d’un contact.

La première paire duale du contact, la composition et la décomposition, rappellerait la dialectique nécessaire et irréductible entre l’analyse et la synthèse de l’événement. La première médiation, « l’oscillation », consisterait à observer les variations pendulaires de la pensée écartelée entre les polarités opposées. Une sorte de « structural differential »[1] où les notions et les concepts se mélangeraient à la Lautman[3] dans une seconde médiation accompagnant les oscillations pendulaires inévitables et qui feraient émerger la notion selon laquelle nous devons mélanger les concepts en émulsions puissantes pour soutenir une raison étendue. Le mot émulsion (par exemple le mélange de l’huile et du vinaigre non miscibles-les polarités opposées- que vous secouez dans tous les sens à l’image de deux cultures que vous mixeriez par agitation et qui au repos reprendraient leur conformation originale) doit être ici entendu dans le sens d’une sunthesis[2] ( synthèse en grec, une composition qui est réversible ) à l’opposé de la sunchusis (confusion en grec où les éléments perdent leur nature originelle pour former une nouvelle substance comme la fusion qui est en général irréversible ).

Cela nous amènerait à la seconde paire duale, la différenciation/intégration du contact qui nous rappellerait un des questionnements majeurs de la pensée: la dialectique de l’un et du multiple.

La troisième paire duale du contact (l’itération et la déitération) associée à la triadisation et à la modalisation déboucheraient sur le noyau opératif de l’architectonique Peircienne et permettrait une vision modérément congruente du monde multiforme du contact. Cette vision devrait intégrer au moins trois niveaux d’approximations :

  • Un niveau diagrammatique (schématique et réticulaire) où les squelettes des nombreuses corrélations entre les phénomènes du contact seraient représentés.
  • Un niveau modal (graduel et mélangé) où les squelettes relationnels se chargeraient des nombreuses teintes du temps, des lieux et des interprétations du phénomène du contact.
  • Un niveau frontière (continu) où les réseaux et les mélanges se combineraient progressivement.

Dans cette « architecture » de la vision du contact, les niveaux ne seraient jamais fixés ou complètement déterminés, de nombreuses saturations contextuelles au sens de Lautman[3] s’articuleraient elles-mêmes à un niveau déterminé et une frontière dynamique de la connaissance se ferait jour et reflèterait la frontière ondulante du monde du contact. Les règles codifieraient les définitions des connecteurs d’un point de vue logique. Elles codifieraient les transferts créatifs d’information d’un point de vue cognitif. La triadisation peircienne systématique et sa filtration modale assureraient la richesse plurale de l’architectonique pragmatiste.

Les quatrième et cinquième paires duales du contact, spécification et universalisation, localisation et globalisation conjuguées à la cinquième médiation, la faisceautisation répondraient de façon plus contemporaine aux formes de pensées du contact. Ces allers et retours dans les royaumes de l’espace, des nombres, des structures et des formes calibreraint les osmoses et les freins et dans certains cas, la faisceautisation permettrait à l’information locale d’être rassemblée et associée de façon cohérente en une sorte de quasi-objet. Elle capturerait justement le transit de l’information dans les fibres du faisceau du contact, une façon de faciliter le transit à travers le monde des possibles et des compossibles.

La sixième paire duale du contact, la projection/potentialisation capturerait la richesse de certaines strates du phénomène en des propriétés cohérentes fortes où les résidus deviendraient aussi des quasi-objets qui reflèteraient leur environnement.

L’ensemble de la démarche, cette intelligence du contact consisterait donc en un développement des modes de connaissance, des processus qui vont de l’un à l’autre et conduiraient à partir d’un « Je » civilisationnel instancié à se déplacer, à transiter vers cet autre exotique par l’information, le jeu des fluxions et déformations réversibles pour finalement se transformer sans s’oublier. Il s’agirait d’un processus transverse à la Grothendieck qui incorporerait des modes singuliers du connaître et qui à travers la transversalité introduirait une déformation réticulée que les contradictions, les couplages et les asymptotes stabiliseraient. Les vents de la tempête du contact introduiraient une dynamique des fluides du glissement sur la carte spatiotemporelle de l’événement [4] [5] ouvrant de nouvelles perspectives épistémologiques. En les lissant comme un ensemble [6], en les intégrant dans un tissu évoluant, « les vents » dé singulariseraient les perspectives ponctuelles tout en mettant l’accent sur les régularités, les médiations, les mélanges qu’elles présenteraient entre elles, constituant ce faisant une autre façon d’éclairer des questions fondamentales comme celle des invariants, de l’identité[7] et des universaux[8].

En bref ne tracerions nous pas les contours d’une transmodernité qui appuierait sur le champignon de notre devenir par un accélérationisme maitrisé[9] ?

 

Paul Klee : Park bei Luzern.

Paul Klee : Park bei Luzern.

Quelle est la couleur de l’ASI ?

On voit bien que les choses changent et ont pris le TGV du futur tant notre quotidienneté semble s’emballer. Parfois, vous vous retournez et avec un brin de nostalgie vous vous dites « Qu’est ce que cela a changé, je ne reconnais plus ce monde et je serais incapable d’identifier le moment où les choses ont basculé, tant le processus est à la fois indiscernable dans ses évolutions et procède par ruptures lorsque vous devenez plus attentif ! »

Voilà, s’il faut impulser un horizon cosmique à l’humanité, c’est plutôt aux jeunes générations qu’il faut s’adresser et non aux vieux croutons dont je fais partie… Cette stratification de la société en catégorie d’âges ne présage rien de bon tant chaque être conscient apporte sa pierre à l’édifice que cette dernière soit celle posée après mures réflexions ou dans la fougue et l’énergie de l’impatience. Que l’on invite les jeunes générations à penser le cosmos, je trouve cela très bien [10] mais personnellement j’aurais associé toutes les tranches d’âges tant les mélanges de points de vue brisent les barrières et les formatages. Quelle peut-être l’éthique d’une société du saucissonnage en tranches d’âge (de marché) ? Où se trouve notre libre arbitre et notre liberté dans un tel monde ? Ne devrions nous pas méditer la phrase d’Aristote :

For where we are free to act we are also free to refrain from acting, and where we are able to say No we are also able to say Yes

Qu’il conviendrait mieux de reformuler ainsi :

For, where to act is up to us, also to not act <is up to us>, and where to not<act is up to us>, also to <act is up to us>[11].

Alors ne faut-il pas voir dans un terrain de séparation et de non conciliation des générations, l’opportunité d’un dépassement du débat sur la question du cosmos et du contact? Ce n’est plus purement une science rétinienne dont nous aurions besoin mais bien plutôt une science fondée sur le rythme universel et la polysémie des symboles, une science qui troquerait l’élucidation qui fait prévaloir l’intelligible sur le sensible pour l’illumination, celle de l’hapax existentiel qui fait intervenir l’intelligence imaginale et éclaire notre futur en tant qu’espèce, une sorte de démarche quaternaire, tétravalente allant de la croix des éléments à la structure de l’espace, une composition de nouveaux rapports où nous laisserions de côté comme nous invite Spinoza les poisons qu’ils soient individuels ou collectifs. Les ingrédients de cette cuisine du XXI ième siècle se trouveraient dans notre origine et dans le phylum humain et pourraient servir de rampe de lancement pour une approche colorée du cosmos et du contact tout en permettant une extension plurielle. Les connaissances scientifiques dans une civilisation germeraient en fonction des modes d’être des êtres conscients qui les produisent, lesquels modes d’être seraient intimement liés à notre héritage génétique. A ce propos et à titre d’exemple, quelle serait la « couleur » d’une ASI émergeant de «mammifères» et quelle logique «chromatique» pourrait-elle développer? Précisons tout de suite qu’il ne s’agit pas ici de cette merveilleuse Asie avec un eux, ces autres de l’extrême orient qui ont fait parfois de la tétravalence un mode d’existence. Non, je veux évoquer ici une Artificial Super Intelligence, cette intelligence artificielle prophétique qui dépasserait son créateur en le surpassant par une intelligence que nous n’arriverions plus ni à comprendre ni à imaginer. La question qui se pose alors ici est de savoir de quel genre d’ASI nous serions susceptibles d’accoucher, nous l’humanité ou plutôt l’homme, ce mammifère « intelligent ». De façon sous jacente et si l’on ouvre le débat à la diversité exotique, cela pourrait aussi impliquer que des êtres conscients différents puissent faire émerger des intelligentes artificielles différentes qui leurs ressemblent et qui seraient en quelque sorte le reflet d’une culture, d’une éthique et d’une science et technologie exotiques et différentes. La couleur dont il est question ici est la nature de cette ASI dans une approche utilisant une synesthésie syncrétique qui déboucherait sur le «poly chromatisme» d’une logique multivaluée «arc en ciel», une question de logique chromatique ?

Barbara Hepworth, Hollow Form With White interior, 1963

Barbara Hepworth, Hollow Form With White interior, 1963

https://arxiv.org/pdf/1607.08289v1.pdf

Mammalian Value Systems

Conclusions :

La possibilité d’agents autonomes basés sur des programmes, que cela soit des voitures qui se conduisent toutes seules, des robots domestiques, ou la possibilité à long terme d’une super intelligence, souligne un problème théorique important- le besoin de séparer les capacités d’intelligence d’un tel système des valeurs fondamentales qui contraignent et guident les actions des agents. Pour qu’un tel agent existe dans un monde humain et agisse d’une manière compatible avec les valeurs humaines, ces valeurs devraient être explicitement modélisées et formalisées. Une branche émergente de pensée dans la recherche en matière de sécurité AI consiste à proposer que ce processus de modélisation puisse être mené par le système d’AI lui-même, plutôt que par les concepteurs du système. En d’autres mots, l’agent commencerait initialement avec une structure de but incertain et en déduirait les valeurs humaines dans le temps en observant notre comportement.

Cette question qui motive cet article est de se demander la chose suivante : Que pouvons nous dire à propos des caractéristiques en gros de la structure de but initiale que l’agent alors affinera à travers l’observation et la génération d’hypothèses ? La perspective que nous développons est d’envisager les valeurs humaines dans le contexte étendu du vaste royaume des mammifères, fournissant alors des précédents sur la structure latente des valeurs que nous visons d’affiner. Les structures neurologiques partagées sous-jacentes des émotions des mammifères et leurs contreparties dans les comportements sociaux fournissent un point de départ pour formaliser un système de valeurs initiales pour des agents autonomes, basés sur des logiciels.

De ce point de vue, nous proposons que ce que nous mentionnons communément comme des valeurs humaines puisse être décomposées en 1) des valeurs des mammifères, 2) la cognition humaine, et 3) plusieurs millénaires d’évolution culturelle et sociale. Dans ce contexte d’un agent artificiel renouvelé, nous pouvons caractériser des comportements souhaitables, compatibles avec les humains comme étant décrits par les valeurs des mammifères mélangées avec la connaissance AI. Les caractéristiques de l’apprentissage renforcé inverse, et la fonction du cerveau des mammifères, aussi bien que les controverses et les théories concurrentes dans les disciplines respectives sont toutes des sujets substantiels de plein droit. Nous avons aussi mis de côté un problème plus qu’évident, à savoir, les nombreuses émotions négatives et les comportements comme la haine, l’agression, et la violence que tous les mammifères sont capables de montrer. Notre omission de ces problèmes n’est pas un manque de reconnaissance ou de croyance qu’ils soient négligeables. Bien plutôt, notre but dans cet article a été de présenter une vue d’ensemble d’une collection de questions dont les vastes contours ont seulement juste commencé à prendre forme.

Notre motivation fondamentale en proposant ce cadre est de favoriser le dialogue des étudiants de diverses communautés qui ne sont peut-être pas au courant de leurs recherches respectives et de leur potentiel de synergie. Nous croyons qu’il existe une richesse dans les recherches actuelles qui peuvent être fructueusement réexaminées et re conceptualisées dans la perspective de l’intelligence artificielle et du problème de l’alignement des valeurs. Nous espérons que les interactions additionnelles entre ces communautés aideront à affiner et à définir plus précisément les problèmes de recherche liés à la conception de structures de but de AI sécurisées.

 

La mise en question de la qualité d’être conscient ne provoque-t-elle pas une revendication presque biologique d’appartenance à l’espèce de cet être conscient ? Ne sert-elle pas ensuite à méditer sur les limites de cette espèce, sur sa distance à la « nature » et sa relation avec elle, sur une certaine solitude de l’espèce qui pourrait être compensée par le contact avec l’autre et pour finir , surtout à concevoir une vue claire de son unité indivisible ?[12]

 

N’est-Il pas temps de jaillir de notre caillou non pour conquérir mais pour comprendre et partager ?

[0] « The Tempest de shakspeare » dans un approche moderne et décalée où la mer est remplacée par l’océan galactique.

[1] Le structural differential et les processus d’abstraction d’Alfred Korzybski. Voir notamment « Science and Sanity », chapitre XXVII- Higher order abstraction.

[2]Le jeu de rôles comme processus d’exploration?

http://www.sunthesis.fr/

[3] Les schémas de genèse-Essai sur les notions de structure et d’existence en mathématiques. Albert Lautman- 1938

[4] Merleau-Ponty, Perception, and Environmental Embodiment: Implications for Architectural and Environmental Studies (forthcoming?) David Seamon.

https://www.academia.edu/948750/Merleau-Ponty_Perception_and_Environmental_Embodiment_Implications_for_Architectural_and_Environmental_Studies_forthcoming_

[5] Merleau-Ponty, « L’œil et l’esprit. »

http://classiques.uqac.ca/classiques/merleau_ponty_maurice/oeil_et_esprit/oeil_et_esprit.pdf

[6] Mikhaïl Gromov

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Gromov

et voir notamment son h(homologie)-principe qui postule dans certains royaumes géométriques l’existence de certaines déformations homotopiques entre les sections continues d’un faisceau et les sections holonomiques du faisceau.

[7] Question de l’invariance et de l’identité – Invariance by Vera Buhlmann

https://www.academia.edu/28591753/Invariance_and_Identity_?auto=download&campaign=weekly_digest

[8] Armstrong, D. M. (1989). Universals: An Opinionated Introduction.

[9]

[10]

[11] Ehique à Nicomaquee. Arist.EN 1113 b7-8, tr. Rack-ham 1926

Voir aussi :

Susanne Bobzien Aristotle’s Nicomachean Ethics 3.5, 1113b7-8 and Free Choise.

https://www.academia.edu/14438962/Aristotle_s_Nicomachean_Ethics_3.5_1113b7-8_and_Free_Choice

[12] Sur une phrase extraite et remodelée de l’avant propos du livre de Robert Antelme, "L’espèce humaine" pour la rendre générique.

 

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