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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 23:14
Amas stellaire dans une représentation numérique ou cet oeil de l'un et du multiple?

Amas stellaire dans une représentation numérique ou cet oeil de l'un et du multiple?

La question extraterrestre est une question stratégique. La préparation des consciences passe par des étapes où l’on lève le voile sur ce que pourrait être une altérité des étoiles tout en contrôlant le dosage – Les choses sont compliquées car comment développer une géostratégie à l’échelle d’un pays alors même qu’il s’agit d’une heliostratégie qu’il faudrait développer à l’échelle du système solaire ? Un principe éthique fait visiblement défaut qui permettrait justement de passer le cap sans faire péter cette planète à la prochaine crise schizophrénique ou pathologique d’un de ses dirigeants.

 

Aussi lorsque des billets brisent « les idées convenues » pour mettre au centre du débat l’aspect philosophique des questions stratégiques, je ne peux que m’en faire l’écho en saluant le travail remarquable de Nick Nielsen. J’ai fait une traduction rapide en essayant de ne pas dénaturer les propos de l’auteur.

Traduction: (légende en dessous d'une gravure représentant le philosophe Guillaume d'Ockham.)

William d’Ockham, le philosophe médiéval qui formula le principe du rasoir d’Ockham ou principe de parcimonie. « Numquam ponenda est pluralitas sine necessitate » et « Frustra fit per plura, quod potest fieri per pauciora ».

Dans mon précédent billet évoquant l’excitation entourant l’étoile KIC 8462852, je suggérais qu’une application émergente du rasoir d’Ockham (aussi connu comme principe de parcimonie) dans la cosmologie et l’astrophysique consiste à épuiser tous les mécanismes possibles d’explication avant de considérer l’intelligence comme un mécanisme explicatif.

D’une façon intéressante, cette application du rasoir d’Ockham à la cosmologie constitue la parfaite antithèse de la plupart de l’histoire intellectuelle humaine. Avant l’avènement de la science dans sa forme moderne (et je veux dire moderne, car ce que je vais dire ici s’applique de la même façon empiriquement- à la pensée d’Aristote aussi bien qu’aux philosophes scholastiques médiévaux), penser le monde naturel était dominé par la téléologie, et la téléologie regardait l’intelligence comme la première explication de tout dans la nature (voir mon billet « Ajout sur la thèse Ecclésiastique-Agraire, dans laquelle j’évoquais les prédécesseurs grecs-Aristote, Euclide, et Ptolémé- à la cosmologie médiévale qui dominait les civilisations agraires-ecclésiastiques).

Mais notre approche de la cosmologie n’est pas, ou ne devrait pas être, exclusivement parcimonieuse. Il y a quelques mois (en avril 2015) dans « la cosmologie est le principe de Plénitude apprenant par l’exemple », j’évoquais comment, le plus nous regardons profond le cosmos, et nos instruments scientifiques deviennent meilleurs, nous trouvons les entités les plus inhabituelles et les plus étranges avec lesquelles nous partageons notre univers. On a dit que l’histoire c’est la philosophie par les exemples ; nous pourrions de la même façon dire que la cosmologie c'est le principe de plénitude enseignant par les exemples ; dans ce billet j’écrivais aussi :

« … les objets astronomiques bizarres comme les quasars, les étoiles quark, les étoiles hypervéloces et les objets de Thorne-Zytkow, et les évènements incroyablement puissants comme les hypernovae (aussi appelé « Supernovae Superlumineuse » ou SLSNe), tous étant aussi improbables les uns que les autres, mais notre conception du cosmos a été déplacé si loin de l’idée platonique d’un monde éternellement parfait et superlunairement immobile que nous devons nous attendre à ce que le bizarre et le non conventionnel peuplent notre univers ».

A cette liste nous pouvons maintenant ajouter des étoiles comme KIC 8462852 et peu importe ce qui est la cause de ces creux de luminosité spectaculaires de l’étoile. Une nouvelle explication en terme d’astrophysique qui n’a pas été imaginée précédemment pourrait être juste une explication intéressante en matière d’intelligence. En fait, nous apprendrions plus dans le court terme d’une nouvelle explication astrophysique, car nous avons déjà une idée grossière de ce que l’intelligence est, alors que nous avons très peu d’idées sur ce qui pourrait provoquer la courbe de lumière de KIC8462852.

Il est naturel de mettre en balance le principe de parcimonie avec le principe de plénitude : La parcimonie nous apprend à ne pas proposer quelque chose qui n’est pas nécessaire ; le principe de plénitude nous apprend qu’aucune possibilité (véritable) va pour toujours sans se concrétiser, est ce à dire que c’est nécessairement le cas et que tous les possibles se concrétiseront ? Comment est ce différent par rapport à étant nécessaire ? Comment envisageons nous de comprendre les multiples contextes modaux intégrés dans la cosmologie? Ce sont des questions difficiles en métaphysique modale, et toute recherche vraiment minutieuse dans la parcimonie et la plénitude demandera à ce que nous prenions une position de métaphysique modale. En d’autres mots, nous devons clarifier notre philosophie afin de clarifier notre cosmologie.

Le principe de plénitude comme appliqué à l’intelligence dans l’univers suggère qu’aucune intelligence va pour toujours sans concrétisation. Comment allons nous interpréter cela ? Nous pourrions imaginer que toute biosphère habitable donnera naissance à au moins une espèce intelligente, ou nous pourrions imaginer que toute permutation possible d’intelligence sera éventuellement et finalement réalisé. Cette dernière formulation fournit une perspective intéressante à propos de mon… A SUIVRE.

 

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