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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 22:37

Il est des livres qui ne semblent pas prendre une ride. Voilà un bouquin intitulé « la métamorphose explosive de l’humanité » de Henri Prat écrit en 1960 et qui est d’une actualité plus que brulante.  L’auteur évoque la fantastique accélération dans l’histoire de l’humanité, accélération qui nous est contemporaine, et  qui débouche sur la métamorphose de la « chenille humaine » en papillon.  Ce papillon qui est en train de sortir de son cocon va t’il se bruler les ailes et s’écraser, un peu comme Icare, pour s’être approché trop près du feu entropique ou va t’il au contraire s’ouvrir aux multiples dimensions rendues accessibles par sa nouvelle condition ?  De ce point de vue, on pourrait dire que l’auteur anticipe, d’une certaine façon, l’idée évoquée par Jean Pierre Petit dans un de ses derniers bouquins sur la signification de la technologie. Celle-ci serait quelque part, une sorte de passage obligé pour permettre à la vie d’échanger à un niveau interstellaire et, par là, de se complexifier.

Je cite Henri Prat: « En deux siècles, le petit être imparfait et rampant que nous sommes est passé d’un monde plat, à deux dimensions, à un univers multi-dimensionnel, où il peut s’envoler par ses ailes artificielles, plonger jusqu’à l’infini par ses appareils optiques et électroniques, qu’il peut explorer par ses fusées et ses astronefs. »

Encore faut-il  passer le cap de la singularité technologique, cette hydre multicéphale qui s’agite en tous sens et qui pourrait empoisonner l’humanité dans un sommeil technologique létal.

Cette image de la chenille et du papillon,  c’est un peu une sorte d’analogie de notre biosphère où l’humanité, l’homme comme production temporaire et peut-être éphémère, serait le champion contemporain de cette complexité dont l ‘objet serait de sortir de ce berceau terrestre et de connecter notre biosphère avec les autres biosphères sœurs.

L’évolution exponentielle de l’humanité se traduit par la conjonction de singularités qui s’expriment déjà dans notre présent et qui d’une certaine façon font émerger le monde de demain,  dans le chaos dans lequel elles nous précipitent. Trois singularités au moins sont à l’œuvre : La singularité démographique, la singularité écologique et surtout, peut-être la plus critique, la singularité technologique ou singularité de l’innovation qui contribue à changer notre monde de façon quasi irréversible.

Pour conjurer celles-ci et les dépasser, l’humanité doit-elle aussi se dépasser, mais comment ? Alfred Korzybski dans son ouvrage « Manhood of  Humanity » nous montre peut-être la voie. Il évoque les différentes classes de vie qu’il associe à leurs conquêtes « dimensionnelles », chacune de ces classes de vie transforme notre planète et contribue à l’établissement de la biosphère (Vernadsky)

Pour commencer, le monde végétal qui s’approprie une sorte d’énergie (l’énergie solaire) qu’il convertit en énergie chimique et qu’il stocke pour une autre classe de vie, les animaux. Dans ce sens le monde végétal maitrise « la chimie » dans ce que Korzybski appelle le « Chimical binding ». Il fabrique les principaux composants chimiques de notre monde.

Les animaux utilisent ces produits hautement dynamiques pour les transformer en énergie cinétique. Ils se dotent ainsi de la capacité à se mouvoir dans l’espace. Korzybski désigne cette classe de vie comme celle qui dispose du Space-Binding.

L’homme enfin, comme les animaux, dispose de la capacité à se mouvoir dans l’espace mais en plus il peut se souvenir, enregistrer son expérience passée et à travers la culture, passer le relai aux générations suivantes, maitrisant en cela dans un sens et d’une certaine façon, le temps. Cette capacité c’est le time binding, la capacité d’évoluer dans la dimension temporelle et elle est à l’origine de nos fantastiques progrès à travers nos sciences, nos technologies, nos arts. Cependant et c’est là le point clé des singularités, sans contrôle de nos capacités d’agissement dimensionnelles, nous pourrions conduire notre monde dans le mur. D’ambassadeurs de notre biosphère, nous en deviendrions les fossoyeurs.

C’est là que se dessine l’émergence d’un quatrième acteur qui n’est plus l’homme en tant que tel mais l’âme collective humaine, cette noosphère de Teilhard de Chardin. Elle a la capacité cette fois d’agir sur le monde « imaginal », cette dimension spirituelle et éthique qui, si je puis m’exprimer ainsi, est tout aussi matérielle que notre monde des objets. Ce faisant, l’âme collective humaine développe une capacité dimensionnelle supplémentaire que j’appellerai Spiritual/Ethical binding en poursuivant la logique de Korbyski.

Cette Spiritual/Ethical binding est une capacité opératoire phénoménale par rapport aux dimensions précitées, un aspect quelque peu magique.  Malheureusement, l’accouchement de l’âme collective humaine est à la fois complexe et fractal. Chaque individu n’est qu’un grain de sable apportant sa modeste contribution à la construction de cette entité collective mais la puissance d’invocation est telle que, cette contribution, transmise à un réseau de partage peut littéralement cristalliser l’émergence de cet indispensable garde fou.

Multiplexant les différentes  classes de vie, c’est comme si un fil conducteur nous indiquait le chemin.  Un exemple parmi tant d’autres qui va du Chemical binding au Spiritual binding :

Pour le traitement du mal de l’espace, l’amphétamine la plus couramment utilisée est la dexedrine, qui combinée à la scopolamine, a donné son nom à la drogue des astronautes, pour lutter contre le mal de l’espace, la SCOPDEX, une substance en usage depuis les premiers vols habités, y compris lors de la mission Apollo 11 sur la Lune. La scopolamine vient de la même famille de plantes que la mandragore et la datura, prolongeant ainsi une histoire culturelle intrigante allant du chamanisme au « sérums de vérité ». Finalement, une certaine connexion cosmique qui pourrait bien avoir des rhizomes jusque dans ce phénomène des abductions !

Chaque fois que nous touchons à notre biosphère, c’est notre chair que l’on atteint. Cette pulsion de mort qui semble animer la planète à travers nos agissements est comme une sorte de suicide collectif, une aberration!

Il nous appartient d’entrer en résistance et de la dénoncer. N’oublions pas que nous sommes en quelque sorte les ambassadeurs de la Terre, la biosphère nous a désigné temporairement comme son porte drapeau, faisons alors correctement le boulot !

 

 

 

 

 

 

  

Il est des livres qui ne semblent pas prendre une ride. Voilà un bouquin intitulé « la métamorphose explosive de l’humanité » de Henri Prat écrit en 1960 et qui est d’une actualité plus que brulante.  L’auteur évoque la fantastique accélération dans l’histoire de l’humanité, accélération qui nous est contemporaine, et  qui débouche sur la métamorphose de la « chenille humaine » en papillon.  Ce papillon qui est en train de sortir de son cocon va t’il se bruler les ailes et s’écraser, un peu comme Icare, pour s’être approché trop près du feu entropique ou va t’il au contraire s’ouvrir aux multiples dimensions rendues accessibles par sa nouvelle condition ?  De ce point de vue, on pourrait dire que l’auteur anticipe, d’une certaine façon, l’idée évoquée par Jean Pierre Petit dans un de ses derniers bouquins sur la signification de la technologie. Celle-ci serait quelque part, une sorte de passage obligé pour permettre à la vie d’échanger à un niveau interstellaire et, par là, de se complexifier.

Je cite Henri Prat: « En deux siècles, le petit être imparfait et rampant que nous sommes est passé d’un monde plat, à deux dimensions, à un univers multi-dimensionnel, où il peut s’envoler par ses ailes artificielles, plonger jusqu’à l’infini par ses appareils optiques et électroniques, qu’il peut explorer par ses fusées et ses astronefs. »

Encore faut-il  passer le cap de la singularité technologique, cette hydre multicéphale qui s’agite en tous sens et qui pourrait empoisonner l’humanité dans un sommeil technologique létal.

Cette image de la chenille et du papillon,  c’est un peu une sorte d’analogie de notre biosphère où l’humanité, l’homme comme production temporaire et peut-être éphémère, serait le champion contemporain de cette complexité dont l ‘objet serait de sortir de ce berceau terrestre et de connecter notre biosphère avec les autres biosphères sœurs.

 

L’évolution exponentielle de l’humanité se traduit par la conjonction de singularités qui s’expriment déjà dans notre présent et qui d’une certaine façon font émerger le monde de demain,  dans le chaos dans lequel elles nous précipitent. Trois singularités au moins sont à l’œuvre : La singularité démographique, la singularité écologique et surtout, peut-être la plus critique, la singularité technologique ou singularité de l’innovation qui contribue à changer notre monde de façon quasi irréversible.

Pour conjurer celles-ci et les dépasser, l’humanité doit-elle aussi se dépasser, mais comment ? Alfred Korzybski dans son ouvrage « Manhood of  Humanity » nous montre peut-être la voie. Il évoque les différentes classes de vie qu’il associe à leurs conquêtes « dimensionnelles », chacune de ces classes de vie transforme notre planète et contribue à l’établissement de la biosphère (Vernadsky)

 

Pour commencer, le monde végétal qui s’approprie une sorte d’énergie (l’énergie solaire) qu’il convertit en énergie chimique et qu’il stocke pour une autre classe de vie, les animaux. Dans ce sens le monde végétal maitrise « la chimie » dans ce que Korzybski appelle le « Chimical binding ». Il fabrique les principaux composants chimiques de notre monde.

Les animaux utilisent ces produits hautement dynamiques pour les transformer en énergie cinétique. Ils se dotent ainsi de la capacité à se mouvoir dans l’espace. Korzybski désigne cette classe de vie comme celle qui dispose du Space-Binding.

L’homme enfin, comme les animaux, dispose de la capacité à se mouvoir dans l’espace mais en plus il peut se souvenir, enregistrer son expérience passée et à travers la culture, passer le relai aux générations suivantes, maitrisant en cela dans un sens et d’une certaine façon, le temps. Cette capacité c’est le time binding, la capacité d’évoluer dans la dimension temporelle et elle est à l’origine de nos fantastiques progrès à travers nos sciences, nos technologies, nos arts. Cependant et c’est là le point clé des singularités, sans contrôle de nos capacités d’agissement dimensionnelles, nous pourrions conduire notre monde dans le mur. D’ambassadeurs de notre biosphère, nous en deviendrions les fossoyeurs.

C’est là que se dessine l’émergence d’un quatrième acteur qui n’est plus l’homme en tant que tel mais l’âme collective humaine, cette noosphère de Teilhard de Chardin. Elle a la capacité cette fois d’agir sur le monde « imaginal », cette dimension spirituelle et éthique qui, si je puis m’exprimer ainsi, est tout aussi matérielle que notre monde des objets. Ce faisant, l’âme collective humaine développe une capacité dimensionnelle supplémentaire que j’appellerai Spiritual/Ethical binding en poursuivant la logique de Korbyski.

 

Cette Spiritual/Ethical binding est une capacité opératoire phénoménale par rapport aux dimensions précitées, un aspect quelque peu magique.  Malheureusement, l’accouchement de l’âme collective humaine est à la fois complexe et fractal. Chaque individu n’est qu’un grain de sable apportant sa modeste contribution à la construction de cette entité collective mais la puissance d’invocation est telle que, cette contribution, transmise à un réseau de partage peut littéralement cristalliser l’émergence de cet indispensable garde fou.

 

Multiplexant les différentes  classes de vie, c’est comme si un fil conducteur nous indiquait le chemin.  Un exemple parmi tant d’autres qui va du Chemical binding au Spiritual binding :

 

Pour le traitement du mal de l’espace, l’amphétamine la plus couramment utilisée est la dexedrine, qui combinée à la scopolamine, a donné son nom à la drogue des astronautes, pour lutter contre le mal de l’espace, la SCOPDEX, une substance en usage depuis les premiers vols habités, y compris lors de la mission Apollo 11 sur la Lune. La scopolamine vient de la même famille de plantes que la mandragore et la datura, prolongeant ainsi une histoire culturelle intrigante allant du chamanisme au « sérums de vérité ». Finalement, une certaine connexion cosmique qui pourrait bien avoir des rhizomes jusque dans ce phénomène des abductions !

 

Chaque fois que nous touchons à notre biosphère, c’est notre chair que l’on atteint. Cette pulsion de mort qui semble animer la planète à travers nos agissements est comme une sorte de suicide collectif, une aberration!

Il nous appartient d’entrer en résistance et de la dénoncer. N’oublions pas que nous sommes en quelques sortes les ambassadeurs de la Terre, la biosphère nous a désigné temporairement comme son porte drapeau, faisons alors correctement le boulot ! 

Réseau - Xéno intéraction?

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commentaires

Voyages sur mesure en Inde 26/08/2014 18:16

Merci pour cet article très intéressant !

m51m51 28/08/2014 06:18

Je suis contente que cela vous ait plu.

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