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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 21:54

« We are Martians who have come to Earth to change everything- and we are afraid we will not be so well received. So we try to keep it a secret, try to appear as Americans…but that we could not do, because of our accent. So we settled in a country nobody ever has heard about and now we are claiming to be Hungarians. » - Edward Teller 1999.

 

Encelade et ses geysers, une fusée de la vie?

Encelade et ses geysers, une fusée de la vie?

La question extraterrestre au cœur de nos sociétés contemporaines ? Des mondes au-delà de notre imagination ?

 

Do there exist many worlds, or is there but a single world? This is one of the most noble and exalted questions in the study of Nature. —Saint Albertus Magnus (c. 1206–1280)

 

Beyond UFOs.

Beyond UFOs.

On mesurera à la fois l’évolution du thème et son acuité au fil du temps à partir de deux ouvrages, un relativement ancien écrit en 1958, “La vie dans l’univers” de A.Oparine et V.Fessenkov et ce “Beyond UFOs: The search of Extraterrestrial Life and its astonishing Implications for our future” de Jeffrey Bennett écrit 50 ans plus tard, que l’on comparera avec la situation contemporaine. Le moins que l’on puisse dire est que la chose évolue vers une situation de “rapprochement” consubstantiel des mondes au-delà de notre imagination et d’une extraterrialité émergeant dans notre réalité. Si le livre d’Oparine et Fessenkov se terminait sur une position plutôt avancée pour l’époque, “Dans l’univers infini, il doit exister un nombre infini de planètes habitées” cette affirmation tenait plus de la croyance que d’un fait démontré, la situation a radicalement changé en 2008 après l’avènement des exoplanètes et les éléments convergents engageant à penser que la vie autre que terrestre existe ailleurs y compris dans notre système solaire.  Jeffrey Bennett resitue cette question sur les fondements philosophiques de l’un et du multiple, notamment avec cette citation de Saint Albertus Magnus au début du livre, en précisant que d’ici une décade ou deux (soit 2018 ou 2028) des explorateurs humains ou robotiques pourraient forer dans le sol Martien et mettre en évidence une forme de vie microscopique en sous-sol dans des poches d’eau liquide[0], de trouver éventuellement un océan peuplée sur la lune de Jupiter, Europa ou une forme de vie totalement inattendue à la surface de Titan, ce qui ouvrirait la boîte de Pandore de la vie ailleurs. La perspective d’un “flying Duchtman” aux manettes télépathiques d’une “flying saucer” croisant au large du Mont Rainier devient un possible et qu’il n’est justement plus possible de “réfuter d’un revers de la main” les faits  en essayant de tordre nos perceptions pour faire rentrer cette forme oblongue dans le carré des conceptions de la réalité étriquées de nos pseudosceptiques, fidèles serviteurs de la politique de l’ontologie dominante. Oui, nous sommes d’une certaine façon contemporains d’une révélation, celle de perspectives révolutionnaires concernant notre univers et nos voisins potentiels. C’est assez rare pour le signaler mais Jeffrey Bennet, et cela dès 2008, n’hésite pas à considérer les OVNIs dans son bouquin, comme des manifestations potentielles de visiteurs, certes avec les précautions d’usage, mais cela révèle le changement de paradigme en cours. Je cite:

“J’ai abordé la question de la religion, aussi maintenant il y a un groupe de personnes auxquelles j’aimerais m’adresser avant de terminer: En gros la moitié de la population qui, selon les sondages, croit que nous avons déjà été visité par les UFOs.  C’est facile car je ne vous dirai pas que vous avez tort.

Comment le pourrais-je?  J’ai passé un chapitre complet en expliquant pourquoi, selon notre compréhension scientifique actuelle, il est éminemment raisonnable de penser que la vie pourrait être très courante sur des mondes dont le nombre est au-delà de notre imagination. Et alors que nous n’avons pas encore discuté les questions scientifiques qui différentient le fait de découvrir une vie intelligente et des civilisations d’une simple forme de vie de quelque sorte, les simples probabilités suggèrent que si la vie est très courante, les civilisations devraient être tout aussi courantes. De plus, si les civilisations sont communes, l’âge de l’univers devrait permettre que beaucoup de celles-ci aient eu le temps de se développer au-delà de nous technologiquement, auquel cas ils pourraient bien avoir la capacité de voyager de leurs mondes d’origine jusqu’ici. Comme je le vois, il ne serait pas du tout surprenant que les extraterrestres aient visité la Terre.

 

Pourtant, je suis personnellement très sceptique à propos de toutes les déclarations que j’ai entendues à propos des OVNIs et des autres visites extraterrestres sur Terre. Ceci pourrait paraitre étrange : Comment puis-je dire que la visite d’extraterrestre est probable et puis, à peu près en même temps, douter des témoignages de ces visites? Ma réponse est double. En premier, il y a un problème de preuves, et les preuves présentées en matière d’OVNIs ne répondent pas aux standards scientifiques. La seconde, une fois que vous comprenez la technologie que les extraterrestres doivent disposer s’ils nous visitent vraiment, vous comprenez que la plupart des témoignages que les personnes font à propos des visites supposées n’ont pas de sens.

Les deux arguments avancés par Jeffrey pour évoquer ses doutes sont peu convaincants et on se demande s’ils ne sont pas là pour faire amende honorable, donner le change et permettre de ne pas trop “choquer” les tenants de la Terre rare…alors même qu’il avance une véritable bombe dans le milieu scientifique sur un sujet particulièrement tabou et glissant, les OVNIs!

Le livre de Bennett

Le livre de Bennett

A noter que Jeffrey Bennett est Astronome, professeur et écrivain.

http://www.jeffreybennett.com/about/curriculum-vita/

Enfin, notons que le livre est publié par la Princeton University Press, Princeton, une université qui mérite le détour, de l’histoire de sa création à ses productions qui ont révolutionnées nos sociétés. Quelle soit à l’intersection du changement de paradigme à venir n’est finalement pas étonnant, et ce n’est pas Vannevar Bush[2]  qui aurait dit le contraire, lui qui envisageait le memex, une version prophétique du réseau des réseaux inspirée peut-être par les idées du Belge Paul Otlet  et qui vaudra à Licklider (le premier directeur de  Information Processing Techniques Office (IPTO)) de présenter un mémo le 23 Avril 1963 à Washington intitulé (Intergalactic Computer Network): Members and Affiliates of the Intergalactic Computer Network[5]!

Quant à la situation d’aujourd’hui sur la question extraterreste, on pourrait dire que l’on n’en finit plus de voir ce thèmes s’inflitrer de façon de plus en plus prégnante dans l’imaginaire collectif de la planète que cela soit à travers les productions hollywoodiennes, les publicités où ET est mis à profit au service du consumérisme, les réseaux sociaux où l’on ne compte plus les vrais/faux profils de faux/vrais extraterrestres signalant cependant une pénétration en profondeur du thème dans la conscience collective par des acteurs dont les motivations et les intéractions posent questions et restent sybilines, etc…L’autre exotique est omni présent (on pourrait d’ailleurs dire ovni présent) y compris dans la science.  A ce propos, il me semble opportun d’évoqué une figure qui elle aussi a donné son nom à un astéroïde tant elle me semble emblématique à la fois dans son parcours, dans ses productions et dans ses démarches d’une sage femme procédant à l’assistance d’un accouchement difficile, j’entends Carolyn Porco[3]. L’avenir nous le dira mais je me demande si Encelade ne serait pas justement cette impulsion définitive qui transformera les possibles en certitudes, qu’il existe bien de la vie ailleurs et que cette vie est apparue de façon indépendante. Bien que ne répondant pas aux critères ummites[4] des lunes aménagées en matière de rotation sur elle même, il faut reconnaître que cette lune, Encelade, présente cependant de nombreuses caractéristiques intéressantes comme par exemple un diamètre d’environ 500 km, un drôle de pole sud et surtout visiblement un océan sous la surface gelée. Jetez un coup d’œil à cette publication qui date déjà de quelques mois,parue dans la prestigieuse revue Icarus intitulée :

La libration physique mesurée d’Encelade exige la présence d’un océan sous la surface.

Enceladus’s measured physical libration requires a global subsurface ocean

http://www.ciclops.org/media/sp/2015/8208_19626_0.pdf

Je vous donne une traduction rapide du résumé et de quelques perles :

Plusieurs satellites planétaires ont apparamment des mers en soussurface qui sont d’un grand intérêt, entre-autre, par leur habitabilité probable. Le satellite saturnien Encelade géologiquement diversifié emet de l’eau liquide de la vapeur à partir des fractures au niveau de la dépression du pôle Sud et il doit donc avoir un réservoir liquide ou une fusion active. Cependant, l’étendue et la localisation de toute la région liquide n’est pas directement observable. Nous utilisons la technique de mesure des points de contrôle sur la surface d’Encelade enregistrés pendant 7 ans à partir des observations du vaisseau spatial pour déterminer l’état de rotation précise du satellite, en trouvant une libration physique forcée de 0,120 +- 0,014 (2 sygma). Cette valeur est trop grande pour être compatible avec le cœur d’Encelade rigidement connecté à sa surface, et donc implique la présence d’un océan global plutôt que d’une mer polaire localisée. Le maintien d’un océan global à l’intérieur d’Encelade est problématique selon les différents modèles thermiques et aussi peut contraindre les propriétés des satellites ou demande une planète Saturne dissipative de façon surprenante.

 

Cependant, comme d’autres corps dans le système saturnien complexe, le demi grand axe de l’orbite d’Encelade varie d’environ 1 km à cause des perturbations provoquées par les autres lunes. Les fréquences les plus fortes ont une période de 3,9 ans et 11,1 ans, induites, respectivement, par la 2 :1 la proche résonance d’exentricité de corotation avec Dione et la 2 :1 résonace de Lindblad avec Dione. Naturellement, ces changements temporels dans l’orbite se traduisent alors dans une variation du taux de rotation synchrone avec le temps.

 

Nous trouvons pour le modèle intérieur qu’un océan de 31 à 26 km d’épaisseur recouvert d’une croute de glace de 21 à 26 km d’épaisseur est compatible avec la valeur de libration observée. Le meilleur modèle est constitué d’un océan global avec une coquille de glace aussi fine que 13 km au pôle sud, l’eau liquide au pôle sud pourrait même être beaucoup plus proche de la surface.

 

Nous en concluons que le cœur d’Encelade n’est pas rigidement connecté avec sa surface.

La structure possible d’Encelade. (a) L’amplitude de la libration physique forcée comme fonction de l’épaisseur de la coquille de glace pour le modèle d’océan global le plus simple. La barre grise montre la gamme d’amplitudes de librations permises au niveau 2 sygma. (b) Section coupée schématique des 60 km supérieurs d’Encelade du pôle Sud à l’équateur. Le profil de surface montre la topographie moyennée longitudinalement tenant compte de la faible dépression polaire sud et des positions en latitude des jets. L’agrandissement vertical est de 4,5. Les variations longitudinales et latitudinales de l’épaisseur de la croute et de l’océan sont très certainement existantes. La multiplicité des modèles intérieurs n’affecte pas la conclusion sur l’existence d’un océan sur la surface.

La structure possible d’Encelade. (a) L’amplitude de la libration physique forcée comme fonction de l’épaisseur de la coquille de glace pour le modèle d’océan global le plus simple. La barre grise montre la gamme d’amplitudes de librations permises au niveau 2 sygma. (b) Section coupée schématique des 60 km supérieurs d’Encelade du pôle Sud à l’équateur. Le profil de surface montre la topographie moyennée longitudinalement tenant compte de la faible dépression polaire sud et des positions en latitude des jets. L’agrandissement vertical est de 4,5. Les variations longitudinales et latitudinales de l’épaisseur de la croute et de l’océan sont très certainement existantes. La multiplicité des modèles intérieurs n’affecte pas la conclusion sur l’existence d’un océan sur la surface.

Alors Encelade une lune aménagée ou tout simplement la diversité de notre cosmos qui ne cesse de nous étonner ?

 

[0] Si ce n’est pas déjà fait. On se souviendra de la polémique concernant les résultats “négatifs” des tests et expériences Viking, résultats pour lesquels la polémique perdure.

 

[1] Licklider, J. C. R. (23 April 1963). "Topics for Discussion at the Forthcoming Meeting, Memorandum For: Members and Affiliates of the Intergalactic Computer Network". Washington, D.C.: Advanced Research Projects Agency.

 

[2]  “A memex is a device in which an an individual stores all his books, records, and communications, and which is mechanized so that it may be consulted with exceeding speed and flexibility. It is an enlarged intimate supplement to his memory.” Vannevar Bush, As we may think, Atlantic Monthly, July 1945.”

 

[3] Astéroïde Porco ref 7321. Entrez de l’autre côté du miroir:

[4] Encore que l’on pourrait se demander si nous n’avons pas à faire à une rotation non synchrone dans la mesure où Encelade serait grosso modo constitué de 3 milieux différents, la croute que l’on observe et qui est effectivement synchrone avec sa période de révolution autour de Saturne, l’océan intérieur tournant un peu plus rapidement et finalement le cœur tournant encore plus vite. Sur les questions de rotations non synchrones voir notamment :

http://www.planetary.brown.edu/pdfs/ab13.pdf

Modeling stresses on satellites due to nonsynchronous rotation and orbital eccentricity using gravitational potential theory.

Pourquoi alors ne pas imaginer que le corps intérieur tourne selon les fréquences ummites?

 

[5] Je reste particulièrement étonnée par le fait que ce long texte d’un certain Yannick n’ait pas plus intéressé la communauté des ummophiles. Pourtant tout y est, des références impeccables, une thèse qui mérite le détour et qui est bien dans l’esprit du temps avec des influences potentiellement exotiques insoupçonnées mettant en exergue des synchronicités étonnantes. Et pourtant, depuis les années que ce texte se trouve sur la toile, pas grand chose, pas d’écho…Singulier !

Pourtant cela change de toutes les fadaises que l’on peut lire ici ou là. Etonnant, comme quoi les choses trop pointues semblent avoir un pouvoir de répulsion!

Une touche exotique?

Une touche exotique?

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