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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 22:17
Albert Robida

Albert Robida

La littérature peut-elle être aussi un outil d’anticipation du futur, matérialisant par anticipation à travers quelques auteurs/récepteurs les différentes pistes des tunnels du temps ? « A force d’écrire des choses horribles, les choses horribles finissent par arriver » n’est-il pas ? Comme dans cette adaptation du roman de Storer Clouston adaptée au cinéma pour Marcel Carné par Jacques Prévert dans « Drôle de drame ». « Moi, j'ai dit bizarre, bizarre, comme c'est étrange ! Pourquoi aurais-je dit bizarre, bizarre ? / Moi, j'ai dit bizarre, comme c'est bizarre ! » …. La littérature pourrait aussi être une sorte de boule de cristal, un outil culturel du devenir pour essayer d’anticiper les dystopies à éviter ou tout au moins à essayer de contourner, bien que dit comme cela, la chose apparaisse comme paradoxale (le paradoxe désignant comme le disait Deleuze l’impensabilité de l’étant[0],) car si la prophétie se réalise, l’avertissement aura été vain, et si elle ne se produit pas, l’œuvre était tout simplement une fiction! A moins que la prise de conscience par un nombre toujours plus important de lecteurs, d’êtres conscients, agisse comme une réduction de la fonction d’onde de la réalité, un peu à la manière de la mécanique quantique lors d’une observation où celle-ci positionne dans un état particulier ce qui auparavant était du domaine de la statistique, c’est du moins notre interprétation contemporaine…Pour tirer les fils des tunnels du temps, intéressons-nous ici à la littérature prophétique, celle dont il semble bien que les franges d’interférence du mundus imaginalis se brisent sur les rivages de ses romans d’anticipation , lesquels nous disent quelque chose des mondes avenirs. Inspirée par une récente et passionnante « concordance des temps » [1], comme à mon habitude, j’ai pris le parti de poursuivre la réflexion dans le domaine exotique et tirer les fils d’une idée prolifique.

Notons tout d’abord que ce mundus imaginalis est relié à l’âme collective planétaire et sa « matérialisation » à travers des acteurs singuliers, les écrivains, qui, peut-être pour certains, sont dotés de ce don des dieux, et ont la capacité de voir à travers le temps comme s’ils portaient leurs regards sur un horizon dégagé. Le temps et l’espace se confondent pour émerger en visions (prévisions prophétiques) voir même parfois en précognition tant la précision dans la description du paysage semble coller à merveille avec la réalité.

Que cela soit le 1984 de George Orwell qui fait un retour remarqué au pays de Trump et de la Macronie, retour à la fois littéraire mais  aussi dans les faits, ou encore l’absurdité totalitaire qui se dégage du « procès » de Kafka  et qui invite à s’interroger sur la frontière qui sépare la démocratie des systèmes totalitaires, la littérature prophétique semble indiquer les impasses qu’il convient d’éviter.  Et ce n’est pas la novlangue « en marche » qui consiste à nous faire accroire que la prospérité sera au coin de la rue [2], une fois les réformes adoptées et mises en œuvre, qui nous convaincrons du contraire. Le ver est dans le fruit, et ce fruit est l’œuvre d’éclaireurs qui ressentant bien avant tout le monde les méandres de la ronde, nous alertent sur la modernité à venir et sur ses pièges congénitaux, attracteurs étranges de l’humain malheur. Que cela soit dans le domaine de la littérature avec Albert Robida à propos de la littérature condensée où les œuvres sont condensées en 3 pages qui s’avalent sans douleur et se retiennent sans effort, la littérature abrégée que ne renierait pas l’encyclopédie Encarta de Microsoft. Robida contrairement aux Saint Simoniens pour qui la mondialisation des échanges devait favoriser la paix universelle, pensait que des relations commerciales ou financières entre les peuples naitraient des motifs de guerre tout à fait nouveau débouchant sur une panoplie guerrière avec des combats dans les airs, sur terre, sous les eaux, des guerres miasmatiques préfigurant les guerres chimiques et bactériologiques et signalant avant l’heure le complexe militaro industriel dont la terrible naissance émergera avec la première guerre mondiale. Ou encore ce tube qui permettra de traverser les pays à 1200 km/h, précognition emblématique du réseau de tunnels d’interconnexion des DUMB (Deap Underground Military Basis), où encore cette nourriture distribuée par canalisation qui n’est pas sans rappeler la planète Ummo !

« Est-on certain que cela soit si désirable que ça une société de la circulation, de la transparence et de la publicité ?», une question à poser aux chantres de la société de la libre circulation des marchandises, des hommes et des bêtes fussent-elles cornues de l’ultra libéralisme et du panopticon de Foucault.

Fictionner la fiction, c’est comme branler l’imaginal pour qu’il fasse jaillir les portions de réalité futures en une puissance de révélation, une puissance de déchiffrement qui ne se fait plus dans une lecture « triangulaire » et francmaçonique des évènements mais qui utiliserait la puissance rétroactive de la double hélice pour, dans un mouvement ascendant/descendant spiralant, projeter le futur sur les pages de la réalité contemporaine à l’image d’Albert Robida, Léonard de Vinci ou Jules Vernes (de la Terre à la Lune).

Débusquer dans le présent une évolution impossible à prévoir, c’est un peu le travail de Pierre Bayard[3] (le plagiat par anticipation. Kafka et ses précurseurs –Borges) dans une illusion rétrospective, ombre projetée de notre propre regard sous l’influence ambivalente de la science. La prémonition du naufrage du titanic, un livre de Robertson qui évoque un grand navire qui s’appelle le Titan…ou encore cet "autour de la lune" de Jules Vernes de 1870…alors pourquoi ne pas poursuivre cet exercise avec les précogs contemporains en relation avec le sujet de prédilection, celui du contact.

Je commencerai par un curieux roman de science-fiction américain intitulé s’il vous plait « Morningstar Pass – The Collapse of the UFO Coverup » d’un certain Victor Norgarde qui n’est autre que le pseudonyme du Docteur John Brandenburg. Si vous êtes familier avec la langue de Shakespeare, je ne peux que vous conseiller ce roman / document qui est vraiment exceptionnel de par sa densité (plus de 700 pages écrites en petits caractères…) et qui décrit un monde qui ne semble pas si lointain car chaque jour qui passe nous donne l’impression de plonger un peu plus dans cette toile d’araignée fictionnesque se métamorphosant en réalité emblématique. Albert Robida ou Vernes ne semblent pas loin, tout au moins dans la partie « précognition » !  Le profil de l’auteur devrait attirer l’attention[4] étant lui-même, un acteur, d’une certaine façon du fameux complexe et à la lecture, on se demande s’il s’agit parfois d’évènements imaginaires ou réels. John décrit une planète Terre sous influence où de nombreuses ethnies exotiques interviennent, des avec lesquelles on ressent des atomes crochus et des qui donnent plutôt l’envie de prendre la poudre d’escampette mais finalement les pires sont les « traites humains », tel le wizard, superintelligent, calculateur mais sans aucune humanité tels des portails cosmiques organiques qui conduisent les hommes au néant, à l'image de ces monstres qui peuplent le chant XXXIII de l'enfer de Dante, le chant des traites !

Comme une vérité se reflète toujours un peu dans les miroirs et sans prendre une grille de lecture chronologique, de façon beaucoup moins dense et plus romancée, on mettra ce Morningstar Pass en relation avec les romans de Jimmy Guieu E.B.E tome 1 : Alerte Rouge et E.B.E tome 2 :Alerte rouge :l’entité noire d’Andamooka. Les thèmes sont étonnements proches…un hasard littéraire ou une précognition à venir...

Morningstar - Pass

Morningstar - Pass

Jimmy Guieu.

Jimmy Guieu.

[0]  Mais si l’on ne peut pas penser l’étant, peut-être peut-on penser l’être.

[1] Emission du 24/06/2017

https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/1984-la-litterature-prophetique

[2] Le président républicain Hoover déclarait en septembre 1929, quelques jours avant un jeudi noir d’octobre: « la prospérité est au coin de la rue ». Il s’agit ici des “contre” prédictions…

[3] Pierre BAYARD:

 Demain est écrit, les éditions de Minuit, 2005.

Le Plagiat par anticipation, les éditions de Minuit, 2009.

Le Titanic fera naufrage, les éditions de Minuit, 2016.

[4]

Un extrait de Morningstar Pass à propos de Roswell:

There were two crashes of saucers in one night. The night or the morning before Fourth of July. One near Roswell Army Air Field. That lay on the ground several days before being discovered. Personnel from RAAF base handled that and let the story out, saying "look what we caught", then retracted it and said it was a balloon. That's why we even know about this. The other crash was near Socorro, a hundred miles to the west. Troops from another air base, probably Holloman, picked up that one immediately. They kept that one absolutely secret but there were civilians witnesses. The troops from Holloman apparently knew exactly what they were doing and what they were dealing with, in contrast to the guy at Roswell, who were obviously out of the loop. The troops found the Socorro site because some sort of radar plane called "Belladonna" had engaged it on radar and tracked it to where it crashed, then orbited the site until daybreak.

 

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