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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 23:08
Points de Euler-Points de Lagrange

Points de Euler-Points de Lagrange

Si vous souhaitez être informé au jour le jour sur cette singulière étoile, rien de mieux que d’aller visiter le site officiel KIC 8462852 « Où est le flux ? » qui vous distille les nouvelles

de la belle irrégulière et versatile étoile de Tabby ou WTF, non pas l’acronyme de « What The Fuck »[0] mais bien plutôt « Where is The Flux ? ». Les affaiblissements sont dorénavant nommés et le dernier en date, celui de juin vient d’être affublé du sobriquet « Celeste ».  L’augmentation de la luminosité est aussi nommée, et figurez-vous que c’est un site néolithique situé au nord de l’écosse, mis à jour par une tempête [1] qui lui prête son nom, Skara Brae, tout un symbole ! Ce sera aussi le nom du prochain affaiblissement.

Mais fondamentalement, la question demeure : Qu’observons-nous depuis octobre 2015 ? et là le trouble le dispute à l’étonnement. Pour le moment aucun des modèles proposés ne sont en mesure d’expliquer cette variabilité invariablement étrange et l’hypothèse artefact, bien que mise sous le boisseau, reste pourtant en lice. Comme à mon habitude et profitant de ce fabuleux outil qu’est Internet, il me semblait intéressant de mettre cette étoile atypique en rapport avec deux publications récentes qui évoquent la question des civilisations avancées et de leurs impacts sur leurs entourages. C’est d’autant plus intéressant que cela engage sur d’autres chemins comme par exemple le réchauffement climatique mais avec une tout autre perspective que celle qui nous est donnée dans les médias !

 

La première publication, « Détection de Transit d’un occultateur au point intérieur de Lagrange(L1) [2]  d’une exoplanète. »

https://arxiv.org/pdf/1705.01285.pdf

Transit Detection of a “Starshade” at the Inner Lagrange Point of an Exoplanet

Grosso Modo, une civilisation avancée (ici dénommée curieusement « l’agence [3]») et disposant d’une technologie lui permettant d’intervenir dans son espace interplanétaire, installe, pour maintenir l’habilité de sa planète suite à l’évolution de son étoile sur la séquence principale, un occultateur qui viendra limiter l’afflux d’énergie.

On notera en particulier dans l’introduction la description du phénomène de runaway (changement fulgurant) consécutif à une augmentation de l’irradiation [4], provoquant l’augmentation de la température de surface et l’évaporation. L’eau sous forme gazeuse est en effet un gaz à effet de serre ! Elle crée une rétroaction positive sur le système du climat de la planète dans la mesure où l’augmentation de la vapeur d’eau (non pas les gouttelettes mais le gaz) conduit à des températures plus élevées, et vice versa. Walker, Hays et Kasting en 1981 proposèrent que les altérations liées à la température de l’eau et la précipitation des minéraux carbonates jouent un rôle négatif dans la rétroaction du climat, qui ajuste le taux atmosphérique de CO2 pour maintenir la température et provoque une altération à un rythme qui équilibre les dégazages volcaniques, permettant ainsi des températures de surface compatible avec l’eau liquide.

Cependant, ce « thermostat » planétaire a ses limites. Si l’irradiation augmente jusqu’à ses limites, le CO2 disparaitra éventuellement de l’atmosphère en provoquant une crise pour les plantes et sur vraiment toute vie autotrophique qui dépend du CO2 dans l’atmosphère comme source de carbone (Caldeira et Kasting 1992). Au delà de ce point, l’accroissement de l’irradiance ne peut plus être compensée par la diminution du CO2 et les températures s’accroissent. Les modèles de climat prédisent une valeur asymptotique (maximum) pour les radiations infrarouges s’échappant de l’atmosphère d’une planète du type de la Terre en fonction de la température [5].

 

Les auteurs de la publication envisagent ici la création par l’agence d’un occultateur d’un ordre de grandeur tout à fait autre de ce que les amateurs de « géo engineering » terrestres aient pu envisagé (on notera au passage que la chose a été envisagée pour la Terre, ce qui a dû inspirer l’auteur) pour lutter contre le changement climatique et dont la durée de vie devrait s’échelonner sur quelques milliards d’années.

« L’agence » pourrait ainsi réssusciter une planète se trouvant dans la zone intérieure de la zone habitable qui n’aurait pas encore perdu toute son eau.

La détection d’une intelligence via ces manipulations de l’émission stellaire est une idée louable (par exemple les sphères de Dyson) et Arnold a montré en 2005 comment les transits d’artefacts non sphériques pourraient être identifiés par des variations observées dans les courbes de lumière de ces planètes. Pour des artéfacts beaucoup plus petits qu’un disque stellaire, les déviations seront plus prononcées durant l’entrée et la sortie. Korpela, Sallmen et Leystra Green (2015) examinèrent les courbes de lumière produites par des télescopes au point L2 d’une planète en transit tournant de façon synchrone autour d’une étoile de type M. La signature de la lumière réfléchie est trop faible pour être détectée par Kepler mais elle pourrait être détectée par le James Webb Space Telescope.

Un occultateur pourrait être un « nuage » de structures individuelles ou de particules qui diffusent ou absorbent la lumière de l’étoile incidente, mais conçu comme une simple structure continue.

Le facteur de réduction de l’irradiation nécessaire pour atteindre l’âge 0 sur la séquence principale (ZAMS : Zero Age Main Sequence)  est précisé en fonction de l’âge de l’étoile. Par exemple pour maintenir une irradiation d’une étoile ayant 12 milliards d’années, 70 % de la lumière de l’étoile doit-être occultée.

Donc un artéfact, placé près du point L1 d’une planète similaire à la Terre, pour moduler l’irradiation stellaire et maintenir un climat « habitable » malgré l’évolution stellaire ou pour déplacer une planète dans la zone habitable, pourrait être détecté par un transit photométrique ou spectroscopique. L’occultation mutuelle de la planète et de l’occultateur pendant un transit produira un maximum caractéristique dans la courbe de lumière au milieu du point de transit, tant que le paramètre d’impact est petit. Ces occultations seront probablement plus facilement détectables pour les planètes rocheuses terrestres ou les supers terres autour d’étoiles de type solaire.

Tabby, une histoire d'occultateur ?

Tabby, une histoire d'occultateur ?

Bon KIC 8462852 n’est pas une étoile de type G mais F3V, mais pourquoi ne pas extrapoler finalement ?

 

La deuxième publication, assez originale je dois le reconnaître, évoque la possibilité pour une intelligence extraterrestre d’utiliser le phénomène des transits et des occultations pour justement communiquer et constituer ainsi une sorte de « réseau du transit », non pas intestinal, mais astral pour connecter dans la zone galactique habitable les intelligences.

 

Je cite, dans le résumé :

Une ETI (Intelligence ExTraterrestre) « A » peut communiquer avec une ETI « B » si B est en train d’observer des planètes transitant dans le système de A, soit en construisant des structures (KIC 8462852 par exemple?)  pour produire des transits artificiels observables par B, ou d’émettre des signaux à B pendant les transits, avec une consommation d’ énergie significativement plus basse que les schémas de transmission électromagnétique typique.

Ceci peut produire un réseau de civilisations interconnectées, établissant le contact par l’observation des transits des autres. En faisant l’hypothèse que les civilisations qui se trouvent dans la zone galactique habitable (GHZ), l’auteur réalise des simulations selon la méthode de Monte Carlo de l’établissement et de la croissance de ce réseau, analyse ses propriétés dans le contexte de la théorie des graphes.

L’auteur met en évidence que seulement quelques civilisations sont correctement alignées pour communiquer via les transits. Cependant, le réseau véritable devrait être cumulatif, lorsque une connexion « poignée de mains » garantie une connexion dans le futur via des signaux électromagnétiques. Dans toutes les simulations, le réseau cumulatif connecte toute les civilisations ensemble dans un réseau complet. Si les civilisations partagent la connaissance de leur réseau de connexions, le réseau peut être pleinement complet sur des échelles de temps de l’ordre d’une centaine de milliers d’années. Une fois établi, ce réseau peut connecter deux civilisations soit directement, soit via des civilisations intermédiaires, avec un chemin beaucoup plus petit que les dimensions de la zone galactique.

 

https://arxiv.org/pdf/1707.03730.pdf

Exoplanet Transits as the Foundation of an Interstellar Communications Network.

Les transits des exoplanètes comme base d’un réseau de communication interstellaire.

Réseau de communication.

Réseau de communication.

Alors KIC 8462852, une installation pour maintenir une planète propice à la vie ou une tentative de communication ? Ou encore autre chose? A voir l’ à venir nous le dira très certainement. Je trouve toutes ces hypothèses assez cocasses dans la mesure où les extraterrestres pourraient bien communiquer, directement, en étant déjà sur Terre et en s’y étant déjà installés. Il me semble que j’ai vu cela quelque part.

 

 

[0] Je pense que les auteurs nous ont toutefois fait un petit clin d’œil, ce qui pour une étoile « variable » est finalement dans le tempo.

 

[1] Shakespeare n’est pas loin. Une histoire de magicien en exil avec sa fille Miranda !

 

Miranda -Ur - Anus

Miranda -Ur - Anus

[2] Points de Lagrange. Il y en a 5 concernant le couple Terre / soleil, points où les champs de gravité de deux corps en mouvement orbital fournissent exactement la force centripète requise pour que ce point de l’espace accompagne simultanément le mouvement orbital des deux corps. Comme il s’agit de L1 ici, on devrait parler plutôt de point de Euler.

A noter que ces points dessinent un réseau dans le système solaire. Des autoroutes pour nos vaisseaux mais peut-être aussi pour nos visiteurs, voir notamment ceci :

[3]CIA ? : Center for Interplanetary Adjustment, une agence du SSP ?

 

[4] A noter que la Terre est en bordure intérieure de la zone habitable dans le système solaire !

 

[5] La question du milieu interplanétaire et de son évolution suite à la course du soleil dans la galaxie est rarement abordée lorsqu’on évoque les histoires de réchauffement climatique. Pourtant la sonde Ulysse a justement mis en évidence et de façon tout à fait inattendue, des changements notables de ce milieu sous le flux constant de poussières, gaz et autres histoires magnétiques pénétrant dans notre banlieue. On peut alors parler de couple Soleil(héliosphère)/et son complémentaire, ce qui l’entoure. Voir à ce sujet l’excellent Solar Journey : The significance of our galactic environment for the heliosphere and earth de Priscilla C.Frisch. Selon vous, quelle est l’importance de ces mécanismes dans les changements climatiques ?

Il n’est pas question ici de nier l’impact de l’homme sur la planète, ce serait absurde, mais bien plutôt, peut-être, de le caractériser à sa juste valeur.

 

Solar Journey
Solar Journey

Solar Journey

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