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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 10:21
Spirale d'Ulam?

Spirale d'Ulam?

Que faites-vous lorsque vous tombez sur un article qui ouvre des perspectives sur notre devenir et engage la réflexion sur des questions qui nous sont intimement contemporaines:

D’où venons-nous ? Que sommes nous ? Où allons-nous ? Il ne s’agit pas d’enfermer la réflexion dans un placard en empilant des questions du type où cours je ? Dans quel état j’ère ? mais bien plutôt d’éclairer les multiples voies qui nous sont offertes pour repérer peut-être les impasses à éviter et les avenues à emprunter même s’il s’agit de chemins de traverse ou des routes sidérales. Pour cela, ne faut-il pas sortir d’une approche linéaire temporelle et privilégier un multiplexage acronyque et multidisplinaire passant de la peinture à l’anthropologie, de l’astrosociologie à la poésie, des mathématiques à la spiritualité, etc ? Vaste programme mais pour embrasser notre devenir dans une perspective élargie en intégrant dans notre infime temporalité cet infini cosmique qui nous est endémique, ne faut-il pas briser toutes les frontières pour mieux les comprendre et les rendre perméables à un être au monde qui s’exprime par épiphanies et hapax, une façon d’investir la fractalité de notre devenir ? Sans plus attendre, vous trouverez ci-après l’article traduit par mes soins,  j’espère ne pas avoir trop modifié la pensée de l’auteur. Je me suis toutefois permise de le compléter par quelques notes supplémentaires qui ne figuraient pas dans l’article original, après la note 15 et indiquées en bleu, pour mieux étayer me semble-t-il les propos et ouvrir d’autres portes. Il ne s’agit pas d’un palais des glaces où les reflets s’estompent à chaque réflexion mais bien plutôt un cheminement de la lumière pour sortir de la nuit noire et des ténèbres. On ne passe pas toute sa vie dans son berceau.

 

L’article original a été publié sur le site Centauri Dream le 31/03/2017 et est une production du stratège américain Nick Nielsen. Je m’incline humblement devant une telle avalanche de pistes où l’art est aussi au service du devenir, une sorte de variété qui n’aurait pas déplu à Paul Valéry. J’ai introduit la notion d’impérium à travers les notes, puisse-t’il s’exprimer au niveau cosmologique.

 

L’article en question :

La condition humaine

La condition humaine

La condition humaine : Questions et réponses.

Ce qui est peut-être le tableau de Gauguin le plus connu – D’où venons-nous ? /Que sommes-nous?/ Où allons-nous?[1]- dépeint un panorama des étapes de la vie humaine avec en toile de fond la vie ordinaire dans la maison adoptée par Gauguin à Tahiti. Les questions que Gauguin peint sur le côté en haut à gauche de ce tableau- D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? sont plus pertinentes que jamais, mais la façon dont nous y répondons, ou essayons d’y répondre, a changé avec le temps. Dans le passé, les réponses mythologiques suffisaient, en partie parce que la mythologie représente la condition humaine dans des formes intuitivement à la fois concrètes et flexibles [2] et en partie parce que il n’y avait pas d’autre forme concevable d’une approche non mythologique pour répondre aux sempiternelles questions sur la nature et la condition humaine.

Peut-être que pour la première fois dans l’histoire humaine nous sommes dans une position d’offrir des réponses scientifiques aux sempiternelles questions existentielles sur la condition humaine, et ceci, je pense, est très bien. La mythologie jouera toujours un rôle dans la vie humaine, mais il n’existe pas encore de mythologie qui soit apparue avec notre civilisation industrielle, et par conséquent aucune mythologie qui soit appropriée à la compréhension de cette civilisation ou à la compréhension de notre place dans cette civilisation. Si nous devons nous comprendre nous-mêmes dans nos propres termes, dans les termes familiers que nous avons construits pour nous-mêmes avec la science, la technologie et l’ingénierie, nous devons nous comprendre à travers la science. [16]

 

Evolution

Evolution

Où avons-nous été ?

“D’où venons-nous ?”, c’est maintenant une question d’histoire, et en particulier d’historiographie scientifique qui s’est étendue bien au-delà de l’histoire de l’humanité comme il est documentée dans les sources écrites, utilisant la biologie, la paléontologie, l’anthropologie, l’archéologie, et une douzaine d’autres disciplines qui, lorsqu’elles sont intégrées, nous donnent une vue d’ensemble des origines des êtres humains.

L’histoire humaine, si elle est étendue à l’origine de notre espèce, comprend plus de 5 millions d’années, ce qui est, plus de cinq millions d’années depuis le dernier ancêtre commun de l’humanité et des autres primates. Vraiment peu de choses se produisirent durant les quelques millions d’années de l’accroissement de l’encéphalisation et la trousse à outils de l’âge de pierre est restée virtuellement inchangée. Mais si vous deviez regarder l’histoire humaine comme un graphe avec plusieurs paramètres utilisés pour quantifier et mesurer l’intelligence et l’activité intelligente, à distance ce graphe ressemblerait à une courbe exponentielle, étant la première de toutes les courbes définies par l’encéphalisation humaine [3].

Si vous observez attentivement ce graphe, et au lieu de regarder les millions d’années, vous regardez à la dizaine de milliers d’années qui se sont écoulées depuis la modernité anatomique (après que l’encéphalisation ait atteint les niveaux modernes) et la modernité cognitive (lorsque cette encéphalisation commença à s’exprimer elle-même dans les diverses formes humaines), de nouveau le graphe ressemblerait à une courbe exponentielle, avec la vague initiale des expressions technologique et artistique du haut paléolithique- peinture, sculpture, musique, des outils à base d’os plus sophistiqués, et les industries d’obsidiennes et de silex qui peuvent vraiment être appelées “industries”.

Si nous regardons d’encore plus près, les derniers milliers d’années, de nouveau nous voyons une courbe de croissance exponentielle, au moment où l’humanité peuple la planète entière et où la civilisation elle-même commença, quantifiée par le nombre, la diversité et la densité des colonies humaines. Et finalement, si nous regardons à l’échelle de seulement quelques centaines d’années, de nouveau nous observons une courbe de croissance exponentielle (en particulier dans la population humaine, due à une mortalité réduite résultant d’une meilleure nutrition et de la médecine scientifique) comme l’industrialisation et puis l’électrification qui a changé profondément le monde dans lequel nous vivons. [17]

Vous aurez déjà deviné ce que je suggère : L’histoire humaine est une fractale dans laquelle il y a une auto similarité à travers les multiples échelles de l’agrandissement historique. Si cette structure fractale de l’histoire humaine est extrapolée au futur, d’autres croissances exponentielles sont impliquées. Mais quelle forme pourrait prendre les futures croissances exponentielles ? Les exemples que j’ai indiqués sont classés de l’anthropologie physique à la modernité cognitive en passant par l’organisation sociale. Il serait difficile de réduire ces instances de la croissance exponentielle à une seule classe, à l’exception de noter (comme je l’ai déjà fait) qu’elles se sont toutes manifestées dans l’histoire humaine, elles sont donc toutes, en un sens, une fonction de l’esprit humain. [18]

Le passé témoigne de la structure fractale de l’histoire de l’humanité, mais le futur de cette structure fractale n’est pas du tout clair- ni même quelles capacités ou activités humaines pourraient être impliquées dans les futures croissances exponentielles-ni s’il existe quelques certitudes que ce motif continuera. De la structure fractale de l’histoire humaine, tout ce que l’on peut dire actuellement c’est que c’est où nous avons été et c’est ce que nous avons fait en tant qu’espèce. C’est une histoire unique dans le contexte de toute vie sur la Terre, et intuitivement ceci suggère un futur unique, mais avec des raisonnements inductifs qui sont probabilistiques plutôt que certains et apodictiques.

STEM

STEM

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

“Que sommes-nous ?” Où nous en sommes aujourd’hui est une fonction de ce que nous sommes, et ce que nous sommes est une fonction de notre histoire. Comme nous avons vue ci-dessus, l’historiographie scientifique peut nous fournir un panorama des étendues de l’histoire humaine qui nous étaient interdites auparavant lorsque notre seule source de l’histoire était déduite de documents écrits. Alors que les contraintes de sélection qui agissent sur nous aux échelles de temps les plus longues nous firent ce que nous sommes aujourd’hui, les êtres humains ont changé l’environnement dans lequel l’humanité vit (un processus connu en écologie comme la “construction d’une niche”) et en faisant cela ils se sont exposés de façon réflexive aux contraintes sélectives de leurs propres constructions. [19] Parmi les contraintes de sélection la plus importante se trouve l’organisation sociale à grande échelle que nous appelons “civilisation”. [20]

La civilisation que nous avons aujourd’hui a été dénommée de plusieurs noms; j’appelle ce type de civilisation “une civilisation technologico-industrielle”, et elle est uniquement caractérisée par un cycle de rétroactions positives (que j’appelle le “cycle STEM”.[21]”). La Science cherche à comprendre la nature dans ses propres termes, dans son propre intérêt. La Technologie est la partie de la recherche scientifique qui peut être développée spécifiquement pour la réalisation de fins pratiques. De plus, les technologies industrielles peuvent être utilisées pour produire de meilleurs instruments scientifiques, amenant encore plus de connaissances scientifiques et conduisant le cycle plus loin. Les Mathématiques sont un langage commun qui connecte les éléments du cycle et les intègre dans une structure étroitement couplée.

La Science produit du savoir, mais la technologie sélectionne seulement ce savoir à partir de l’entreprise scientifique qui peut être développé pour des utilisations pratiques ; des nombreuses technologies qui sont développées, l’ingénierie sélectionne celles qui sont les plus robustes et reproductibles pour créer une infrastructure industrielle pour les fournitures d’une société de consommation de masse. Les accomplissements de la technologie et de l’ingénierie sont l’un après l’autre sélectionnés par la Science de façon à produire des formes nouvelles et plus avancées de l’instrumentation scientifique, avec laquelle la Science peut produire de nouveaux savoirs, initialisant alors une autre génération de science suivie par la technologie puis par l’ingénierie. [22]

Dans quelques cas le cycle STEM est seulement approximativement couplé. Les ressources des mathématiques avancées sont nécessaires pour l’expression de la physique dans sa forme mathématique, mais il se peut qu’il n’y ait pas de couplage direct entre la physique et les mathématiques, et les mathématiques utilisées en physique peuvent avoir été disponibles pendant des générations. La science pure peut suggérer nombre de technologies, beaucoup d’entre elles se trouvant en jachère, sans qu’on leurs montre un intérêt particulier. Une technologie peut éventuellement devenir une production de masse, mais elle peut être considérée sans impact initial sur la recherche scientifique. Ces épisodes ne peuvent être compris que comme une partie d’un cycle approximativement couplé lorsque l’on considère la vue d’ensemble sur le long terme.

Dans ce sens d’un couplage approximatif, toute civilisation pourrait être caractérisée par le cycle STEM.

Ce qui distingue la civilisation aujourd’hui est un cycle STEM qui est de plus en plus étroitement couplé et dans lequel les progrès incrémentaux mais continus de la science, de la technologie, et de l’ingénierie sont prédictibles, et dans certains cas peuvent être systématiquement poursuivis. D’une façon hautement spécialisée, les départements de Recherche et Développement des grandes entreprises constituent l’entièreté du cycle STEM, comme appliqués à un problème particulier ou à un aspect particulier de l’expérience humaine, à l’intérieur d’une seule institution. Nous pouvons, en d’autres mots, concevoir le cycle STEM lui-même de façon à maximiser (ou à spécialiser) sa productivité en matière de savoirs scientifiques, d’innovations technologiques, et d’ingénierie industrielle.

Plan de ville dans l’ancien monde.

Plan de ville dans l’ancien monde.

Comment sommes-nous arrivés là où nous sommes maintenant ?

Nous sommes arrivés où nous en sommes aujourd’hui, en termes de civilisation, par le resserrement du cycle STEM d’un cycle approximativement couplé à un cycle couplé étroitement. Le point d’inflexion de ce raidissement fut la révolution industrielle, qui émergea dans une nouvelle sorte de civilisation comme conséquence d’un resserrement rapide et soudain du cycle STEM. Mais ceci est seulement la dernière itération de la civilisation, l’histoire entière qui (comme l’histoire fractale de l’humanité dans son ensemble) montre de nombreux points d’inflexion au-delà desquels la vie humaine fut rapidement transformée.

La caractéristique la plus remarquable sur le comment nous sommes passés des origines de notre espèce à la civilisation sophistiquée d’aujourd’hui, c’est que, à quelques exceptions près, personne ne l’avait prévu. La technologie n’était pas prévue ; la civilisation n’était pas prévue, l’industrialisation n’était pas prévue, l’internet n’était pas prévu. Toutes ces choses se sont produites, et elles auraient pu facilement s’être produites autrement ; toute étude de l’histoire est parsemée de contre exemples, c’est à dire de chemins non pris.   

 

On peut certainement dire que les projets individuels menés par des individus, des institutions, et parfois par des communautés entières ont été planifiés méticuleusement et exécutés systématiquement. Les premières villes de notre histoire la plus ancienne ne furent pas planifiées, mais la planification urbaine émergea rapidement dans l’antiquité et maintenant la planification des villes-probablement, les centres de la civilisation, et l’existence à partir de laquelle il est considéré quelquefois par les archéologues que c’est le marqueur de la civilisation [22] [4] –c’est la routine. Alors que les villes individuelles peuvent être planifiées, toute la structure historique de l’urbanisation n’a pas été planifiée, ni même n’est prévue de l’être aujourd’hui ; personne n’avait prévu que l’humanité deviendrait une espèce majoritairement urbaine. Les grands mouvements de l’histoire humaine, construits à partir des actions collectives mais non coordonnées de milliards d’individus [23] vivant et mourant, ne furent pas planifiés, et échappent encore à la planification.

 

Les tentatives de créer des communautés planifiées au dix-neuvième et le vingtième siècle (pour ne rien dire des civilisations planifiées) sur un modèle utopique furent toutes ou presque des échecs lugubres. Les rêves utopiques furent presque tous sans exception transformés en des cauchemars dystopiques, et la pratique de la communauté ne coïncidait jamais avec la théorie de la communauté. De plus, même les grands mouvements non prévus de l’histoire humaine terminèrent aussi en problèmes sociaux. Les civilisations, les villes, et les grands travaux de l’humanité ont été méticuleusement construit pour être mieux abandonnés ou jetés dans les grandes guerres et les convulsions violentes de l’histoire.

 

La civilisation a trébuché de nombreuses fois dans l’histoire humaine, et ceci est dû en partie à l’incapacité à comprendre ce qu’est une civilisation, ce qui a signifié l’absence d’intervention raisonnée basée sur des preuves et de connaissance dans l’histoire pour maintenir et faire croître la civilisation. On s’est débrouillé, comme Kenneth Clark le dit, par la peau de nos dents. [5] Nous ne pouvons pas compter sur la chance indéfiniment. Mais, comme nous l’avons vu, la civilisation apparait résistante à la planification. Nous n’avons pas été capables de comprendre (en laissant chacun intervenir effectivement) la base de notre propre coopération sociale à grande échelle.

Notre voyage dans le cosmos commence par suivre le chemin de nos sondes robotiques.

Notre voyage dans le cosmos commence par suivre le chemin de nos sondes robotiques.

Où devons-nous être ?

Si nous évaluons les biens que les êtres humains ont produit à travers l’histoire, si nous trouvons dans les artéfacts de la civilisation humaine des biens d’une valeur intrinsèque méritant d’être préservés [6], alors nous devrions prendre des actions pour sécuriser les bienfaits de la civilisation pour nous-mêmes et notre postérité- ou pour tout autre espèce consciente intelligente qui pourrait venir apprécier les valeurs intrinsèques uniques produites par la civilisation humaine. [7]

 

Comme civilisation, nous devons être dans une position où nous pourrons garantir la croissance continue du savoir, l’établissement de centres de civilisation indépendants et multiples, et l’autonomie de ces centres distincts de civilisation de façon à ce que l’expérimentation sociale et politique soit maximisée afin de sécuriser pour l’humanité l’implémentation des plus larges gammes possibles de stratégies et réduire le risque existentiel. [8]

 

Au stade de développement de la civilisation que nous avons aujourd’hui, ceci signifie d’assurer la continuité (et non l’accélération) du cycle STEM, en étendant notre civilisation à travers les nombreux seuils gravitationnels que notre technologie en développement nous permet, c’est à dire, en allant au-delà d’une dépendance exclusive à la Terre et en devenant ce que Elon Musk a appelé un “espèce multi-planétaire”. Pour des êtres comme nous-mêmes, devenir une espèce multi-planétaire est prévu dès que l’on devient une civilisation des étoiles, car c’est seulement à travers l’exploration de l’espace que nous atteindrons d’autres mondes.

 

Premièrement nous avons besoin d’une présence dans l’orbite de la Terre au-delà de la station spatiale internationale (ISS), puis d’une présence humaine à travers le système solaire, puis la présence humaine au-delà du système solaire. Chacune de ces étapes pour une civilisation de l’espace consiste à dépasser un seuil gravitationnel, un peu comme nos voyages dans les airs maintenant omniprésents surmontèrent le seuil topographique (et gravitationnel) des mers et des sommets montagneux et le challenge que posa la distance. Avec chaque seuil gravitationnel que nous transcendons, nous gagnons une nouvelle opportunité de redondance de notre civilisation à une distance toujours plus grande de notre monde ( qui implique proportionnellement une indépendance et une autonomie toujours plus grande), ainsi que d’acquérir des capacités technologiques qui peuvent contribuer au succès de ces centres indépendants de civilisation et à l’expansion vers l’extérieur continue des centres indépendants et l’expansion vers l’extérieur continue des centres indépendants de civilisation vers la frontière la plus éloignée dans le cadre de notre capacité technologique.

Gilbert Murray et son étude classique Les cinq stades de la religion grecque.

Gilbert Murray et son étude classique Les cinq stades de la religion grecque.

Quels sont les obstacles pour atteindre là où nous devons être ?

Le consensus actuel qui semble être en train d’émerger c’est que la plus grande menace existentielle pour l’humanité et la civilisation humaine est ce qui peut devenir l’intelligence artificielle, en particulier sous la forme d’une super intelligence. [9] Je ne partage pas cette vue, mais je n’essayerai pas ici de discuter contre l’AI en tant que risque existentiel, comme l’exposition de cette argumentation demande un espace et un temps réservés propres.

Comme je le vois, le plus grand danger auquel nous faisons face, le risque existentiel qui pourrait nous concerner tous comme êtres humains, c’est la stagnation [10], ou ce que l’historien classique Gilbert Murray appela une absence de courage. Voici comment Murray commence son chapitre sur l’absence de courage dans les cinq étages de la religion grecque :

“Quel que soit celui qui se tourne vers des grands écrivains de l’Athènes classique, disons Sophocle ou Aristote, vers ceux de l’ère chrétienne doit être conscient de la différence importante de ton. Il y a un changement dans toute la relation de l’écrivain du monde à son propos. La nouvelle nature n’est pas spécifiquement chrétienne : Elle est juste aussi marquée chez les Gnostiques et chez les croyants de Mithras que dans les évangiles et l’Apocalypse, chez Jules et Plotin comme chez Grégoire et Jérôme. C’est difficile à décrire. C’est la montée de l’ascétisme, du mysticisme, en un sens, du pessimisme ; une perte de confiance en soi, de l’espoir dans cette vie et de foi dans l’effort humain normal ; un désespoir de l’investigation patiente, un pleur pour une infaillible révélation ; une indifférence au bien-être de l’état, une conversion de l’âme vers Dieu. C’est une atmosphère dans laquelle le but de l’homme bon n’est pas tellement de vivre justement, pour aider la société à laquelle il appartient et profiter de l’estime de ses semblables ; mais plutôt, par les moyens d’une foi brulante, par un mépris pour le monde et ses standards, par extase, souffrance, et martyre, pour obtenir le pardon pour son indicible indignité, ses mensonges incommensurables. Il y a une intensification de certaines émotions spirituelles ; une augmentation de sensibilité, une perte de courage. [11]

Evidemment, le monde de Murray qu’il décrit - et, vraiment, la transition entre deux mondes qu’il est en train de décrire - est très différent de notre monde et des transitions que notre monde suggère. Malgré la distance entre le monde de la proche antiquité et notre monde contemporain, il y a certains parallèles qui peuvent être observés. Le pessimisme que Murray dépeint à son parallèle dans notre dystopie contemporaine et le cynisme bon enfant illustré par les visions pleines d’espoir du futur. A la place de l’ascétisme, nous avons son antithèse, l’indulgence-mais les deux sont centrés sur le bien-être de l’être au-dessus de tout.

Avons-nous perdu notre confiance en nous, nos espoirs dans cette vie et dans l’effort humain normal ? Kenneth Clark dans son « La Civilisation : une vue personnelle », semble avoir développé une vue très similaire à celle implicite exprimée dans les remarques de Murray citées ci-dessus. Clark écrivit que la civilisation demande, “…une confiance dans la société dans laquelle on vit, la croyance dans sa philosophie, la croyance dans sa loi, et la confiance dans ses propres puissances mentales.” [12] Demandez-vous si vous connaissez quelqu’un qui possède une telle confiance. Je serais surpris si un grand nombre répondait positivement. Ce n’est simplement pas le type de notre civilisation contemporaine. Une telle confiance exprimée aujourd’hui serait, je crois, caractérisée par la manière la moins flatteuse qui soit.

Car nous avons aujourd’hui pour limiter le risque existentiel la technologie pour faire beaucoup plus que ce que nous faisons aujourd’hui, et peu encore est fait pour assurer la continuité de la civilisation et de la biosphère sur le long terme, c’est l’évidence de notre manque de confiance dans notre propre futur. C’est à dire, nous montrons déjà des signes de stagnation et de désintérêt dans le monde. Dans la seconde partie du vingtième siècle nous vîmes l’émergence d’une contre-culture qui se plaça explicitement en désaccord avec “l’ordre établi”, incarnée dans des slogans populaires tels que “tout ce qui est petit est joli” et “les limites de la croissance.” [13] Ce mouvement célébra une retraite du monde plus large et une tentative de rendre chacun parfait dans ses propres termes, à l’intérieur d’un horizon circonscrit étroit. Cette attitude doit être comprise comme un aspect vivace de la condition humaine (Murray le décrit comme tel, si nous comprenons ce retranchement de la modernité comme un exemple de perte de courage), et comme une incarnation, dans un âge de la Technologie, de la rébellion romantique contre le rationalisme des lumières, qui fut plus tard, en retour, une réaction contre les terreurs irrationnelles de trente années de guerre et l’engouement ésotérique qui balaya au tout début l’Europe et l’Amérique.

Tube de lave

Tube de lave

Image : Une étude récente, “Déterminer la stabilité structurelle d’un tube de lave lunaire,” a suggéré que les tubes de lave lunaire peuvent être beaucoup plus stable que les tubes de lave terrestre, compte tenu de la faible gravité, étant aussi géologiquement stable ; cf. Lava Tube Moon Base.

Comment va t’on où nous devons être ?

La maintenance ou l’accélération du cycle STEM coïncide avec une stagnation annoncée. Aussi longtemps que la civilisation est conduite plus loin par des développements à la fois inattendus et sans précédent de la science, de la technologie et de l’ingénierie, les transformations sociales conduites par les transformations technologiques vont probablement prévenir une stagnation de notre civilisation à tous les niveaux. Il serait surprenant qu’il n’existât pas des formes limitées et régionales de stagnation, mais aussi longtemps que des aspects de notre civilisation briseront de nouvelles barrières il y aura une source de changement continu qui sera infusée dans la civilisation.

Que peut-il être fait ? Comment le cycle STEM peut-il être maintenu, si pas accéléré ? Comment peut-on prévenir la stagnation ? Nous pouvons prioriser les projets scientifiques qui sont probablement ceux qui contribuent de façon disproportionnée à la croissance globale de la connaissance scientifique. La construction d’un radio télescope sur la face cachée de la lune (comme il a été proposé par l’Astronome du SETI Claudio Maccone [14], protégé par les radiations électromagnétiques de la Terre, serait à la fois une stimulation du programme spatial et résulterait en de nombreuses découvertes scientifiques importantes. Tandis que l’on construit un radio télescope sur la face cachée de la lune, nous souhaiterions construire un grand télescope optique aussi.

Un radio télescope sur la face cachée de la lune nécessiterait un réseau de communication robuste entre les bases lunaires et les centres scientifiques de la Terre. Une connexion à internet rapide entre la Terre et les avant-postes scientifiques sur la face cachée de la lune serait la première étape dans un internet élargi au système solaire (Heath Rezabek l’a appelé un net solaire (ou solarnet) ; il y a déjà un accès internet sur l’ISS via le réseau de support de l’équipe (crew support LAN). Avec un ordinateur puissant installé dans un tube de lave pour traiter les données (il a été suggéré que l’on puisse construire sur la lune un superordinateur), nous pourrions commencer les premières étapes de sauvegarde de notre civilisation, en stockant autant de connaissances du monde que possible dans cet entrepôt extraterrestre. Les premières étapes de sauvegarde de notre biosphère, avec l’équivalent lunaire de la chambre forte des semences de Svalbarg, pourraient suivre. La prochaine étape au-delà de celle-ci, bien entendu, est de faire la même chose sur Mars, sans le but de construire un radio télescope, mais avec une colonie humaine permanente et éventuellement une civilisation Martienne indépendante de la civilisation terrestre.

Radiation

Radiation

Image : Prise d’un article plus ancien de Centauri Dreams, la radiation adaptative et Trans humaniste, illustrant un aspect de la grande divergence volontariste, une radiation adaptative à une échelle cosmologique. [23]

A quoi cela pourrait ressembler lorsque nous en serons là.

Où allons-nous ? Vers les étoiles, car c’est le seul projet suffisamment rigoureux pour stimuler indéfiniment la civilisation et prévenir la stagnation. Notre civilisation industrialo-technologique a seulement environ deux cents années d’existence, et dans beaucoup de partie du monde, c’est encore bien plus jeune. Nous sommes seulement juste sur la pointe des progrès technologiques intrinsèques à cette forme de civilisation. Une fois que nous avons maitrisé les étapes initiales du développement technologique qui vient naturellement à une civilisation planétaire, nous deviendrons une civilisation de l’espace, parce que c’est un challenge qui peut revigorer notre civilisation sur le long terme. [15] Les étapes mentionnées ci-dessus sont seulement des étapes dans la construction de la civilisation terrestre vers une infrastructure qui peut soutenir l’exploration du cosmos. La téléologie naturelle d’une civilisation de l’espace est interstellaire, et donc, au-delà, le voyage intergalactique, constituera la téléologie naturelle d’une espèce multi planétaire qui fait tout son possible pour multiplier les planètes sur lesquelles elle s’installe.

Les avances stables dans la technologie rendront éventuellement possible le voyage interstellaire, et les vaisseaux interstellaires en retour contribueront de façon disproportionnée à la croissance de la connaissance scientifique. Les vaisseaux interstellaires seront une fois de plus l’instrument scientifique produit par le cycle STEM qui pourra être en retour employé pour faire avancer la connaissance scientifique, et, comme je l’ai étayé dans “l’impératif scientifique des voyages humains dans l’espace ”, nous aurons besoin d’êtres humains sur ces vaisseaux pour décliner tout le bénéfice de la recherche scientifique. Les sondes robotiques peuvent étendre la connaissance scientifique, mais elles ne peuvent pas étendre la gamme d’une espèce, et même leurs activités scientifiques sont limitées par l’absence d’une conscience, d’un agent incarné.

Si la structure fractale de l’histoire humaine continue, nous verrons d’autres changements exponentiels en des échelles de temps très courtes. La civilisation à cette prochaine étape de croissance exponentielle suivant la civilisation technologico-industrielle est une civilisation de l’espace qui s’établit elle-même comme une espèce multi-planétaire. Et une civilisation maitrisant le voyage dans l’espace est le genre de civilisation qui dépendra de façon ultime à la source de ce que dans le “Trans humanisme et la radiation adaptative”, j’ai appelé la grande divergence volontariste. Les individus et les communautés qui se projetteront dans et sur le cosmos et donc illustreront la grande divergence volontariste, qui sera marquée par l’auto sélection de ces individus et communautés, qui chacun, chacune agira de concert avec cette idée à l’exclusion des autres idées. Sur Terre, ce processus nous a conduit en premier au danger, qui s’intensifia dans les guerres planétaires du vingtième siècle, et alors nous a conduit à la stagnation, comme la poursuite de façon mutuelle d’idées exclusives vint à être vue comme une menace existentielle. Dans le contexte de mondes innombrables et de ressources presque illimitées, le cosmos est suffisamment grand pour contenir ce que la Terre ne peut permettre : des projets centraux exclusifs de façon mutuelle à l’échelle planétaire.

Peut-être cette grande divergence volontariste émergera non pas de la Terre, mais de Mars, comme je l’ai spéculé récemment dans “Civilisation Martienne”, comme la civilisation Martienne est probablement plus apte à converger vers une civilisation scientifique que la civilisation terrestre, grevée comme cette dernière l’est par sa longue histoire et ses nombreux engagements aux traditions remontant à la civilisation agricole. La civilisation Martienne, en tant que civilisation toute nouvelle de l’ère industrielle, commencera comme une civilisation technologique, et se développera à partir de ce point.

L’idée d’une expansion cosmologique de la vie et la civilisation terrestre-quelque fois appelée l’hypothèse d’expansion-a été soumise à un examen dans les années récentes, et elle apparait presque comme une relique du gigantisme stalinien ou de l’hubris humain projetée dans l’univers entier. Le mouvement environnemental et la conservation de l’éthique apparaissent comme une antithèse à la technologie et à l’industrialisme sans contrainte dans le cadre de la Terre.  Peut-être sera-t-il plus acceptable pour le public contemporain d’encadrer les civilisations cosmologiques en termes de divergence et de diversification (c’est à dire, la biodiversité sur une échelle où l’astrobiologie peut être la seule mesure adéquate), et la résilience et la durabilité (durabilité pour des périodes de temps cosmologiquement significative), comme l’incarnation pratique de l’expansion illustreront ces sauvegardes idéales.

Lorsque la civilisation avance au point d’effectivement éliminer les barrières technologique et économique des entreprises humaines, les êtres humains autant que les sociétés humaines seront investis dans la poursuite de projets qui, selon les standards d’aujourd’hui, pourraient être considérés comme mégalomaniaques tant dans leurs objectifs que dans leurs ambitions. Alors que beaucoup ne choisiront pas de tels projets, l’univers est assez grand à tous égards pour accueillir tout ce qui peut être concevable par les êtres humains, et peut donc le faire avec de l’espace de rechange. Avec les ressources de l’univers qui nous sont accessibles, le point de la grande divergence volontariste fait que nous n’aurons pas à choisir, car nous ne serons pas limités à une simple planète où une seule civilisation planétaire peut seulement dérouler son développement isolé: une société peut choisir le paradigme que “tout ce qui est petit est beau” de communautés coopératives mangeant des produits organiques cultivés localement, tandis qu’une autre construit des mégastructures, et aucune n’a besoin d’être ennuyée par l’autre.

Si notre civilisation ne trébuche pas à nouveau, comme elle l’a si fréquemment fait dans le passé, la grande divergence volontariste répond à la question du développement qui pourrait suivre les étapes précédentes de la croissance exponentielle qui a marqué l’histoire humaine: L’expansion vers l’extérieur à travers l’univers, ainsi que la diversification de la vie terrestre alors qu’elle s’embarque dans la plus grande radiation adaptative dans l’histoire de la vie, qui sera une radiation adaptative à la fois des corps et des esprits- corporelle et de la spéciation cognitive sur une échelle cosmologique. Affranchie des limites d’une biosphère planétaire ou d’une civilisation planétaire, la vie et la civilisation deviendront plus diverses que ce que nous pouvons conceptualiser sur la base de la vie et de la civilisation telles qu’elles furent étroitement forcées par les contraintes uniformes de la sélection sur une seule planète.

Notes :

[1] Réalisée en 1897 ou 1898, il fut difficile de trouver un acheteur pour cette peinture, jusqu’à ce que Gauguin la considére comme son chef d’œuvre et le point culminant de son œuvre. Aujourd’hui elle est exposée au Musée des Beaux-arts de Boston.

[2] Stéphane de Byzance dit à merveille que, “la mythologie est ce qui ne fut jamais, mais qui existe toujours”. Sur la traçabilité intuitive, voir ma publication “l’effet d’ensemble et la traçabilité intuitive”.

[3]Ailleurs j’avais suggéré que l’encéphalisation est une grand filtre: “Est-ce que l’encéphalisation est un grand filtre?” Et “Des Filtres, petits et grands

[4] Dans mon dernier article publié sur Centauri Dream, “la civilisation martienne”, j’ai discuté les conceptions de V. Gordon Child sur la “révolution urbaine” comme base de la civilisation.

[5] Kenneth Clark, La Civilisation : Un vue personnelle, New York: Harper &Row, 1969, “La peau de nos dents” correspond au titre du chapitre 1.

[6] Mon article “L’impératif moral du voyage humain dans l’espace” essaye de fournir un argument pour la valeur intrinsèque de la civilisation humaine, en particulier dans les paragraphes 4-6. J’expose aussi cet argument dans l’épilogue de mon livre “L’économie Politique de la Globalisation”.

[7] Cet argument ne doit pas être limité à la civilisation humaine, mais peut ou devrait comprendre toute civilisation terrestre-à l’origine de la valeur intrinsèque, qui inclut le caractère unique de la biosphère ; afin d’être concis, ma présentation dans le texte est faite en termes de civilisation uniquement.

[8] Cette approche tripartite de l’atténuation des risques existentiels- connaissance, redondance, et autonomie-était le sujet de ma présentation avec Heath Rezabek en 2013 au congrès des vaisseaux interstellaires Icare à Dallas, Texas, et peut être trouvée dans la publication: Le risqueX:Le risque existentiel comme recommandations interstellaires.

[9] Le directeur fondateur de l’Institut pour l’avenir de l’humanité d’Oxford (le FHI), le professeur Nick Bostrom, a écrit un livre à propos de la super intelligence, La super intelligence: Les voies, les dangers, les stratégies (voir aussi la critique du livre de Bostrom par Allan Dafoe et Stuart Russel, “Oui, nous sommes inquiets à propos du risque existentiel de l’intelligence artificielle”), alors que le FHI identifie en particulier “la sécurité AI” comme un domaine singulier de recherche; L’institut pour l’avenir de l’humanité présente les 23 principes d’Intelligence Artificielle d’Asilomarsur son site internet, qui ont été signés par plus de 3000 personnes (parmi lesquelles Elon Musk et Stephen Hawking) et une lettre ouverte: Les priorités de la recherche pour une intelligence artificielle robuste et bénéfique, signée par plus de 8000 personnes; Il y a aussi le centre pour une intelligence artificielle compatible avec l’homme à l’université de Berkeley; des célébrités de la science et de la technologie telle que Stephen Hawking et Elon Musk (les deux déjà mentionnés ci-dessus), et Michael Vassar ont fait des déclarations publiques sur les dangers potentiels d’une Intelligence Artificielle supérieure à celle humaine; ces exemples pourraient être multipliés à volonté.

[10] Nick Bostrom, cité ci-dessus dans la note [9], inclut la stagnation permanente parmi ses classes de risques existentiels ; voir “La prévention du risque existentiel comme priorité globale”, Nick Bostrom, Politique Globale, Vol.4, Edition 1, Février 2013.

[11] Gilbert Murray, les cinq niveaux de la religion grecque, chapitre IV, “la perte de contrôle”. La première édition du livre de Murray fut intitulée “Les quatre niveaux de la religion grecque (1912), et n’inclut pas le chapitre final de la dernière édition (ajouté en 1925).

[12] Kenneth Clark, La Civilisation : Une vue personnelle, New York : Harper & Row, 1969, p.4.

[13] Ces slogans particuliers sont maintenant assez démodés, mais le sentiment qu’ils exprimèrent est devenu sans doute encore plus répandu que lorsque les slogans furent introduits.

[14] En référence à Claudio Maccone, “Un laboratoire radio sur la face cachée de la lune,” Acta Astronautica, Volume 56, Mars 2005, publication 6, p. 629-639. “La face cachée de la lune est une place unique, car elle est la plus proche (et la seule) place près de la Terre à être totalement dégagée d’émissions radio fréquence humaines. Comme telle, la face cachée est un lieu naturel de l’humanité pour conduire des explorations sans perturbation radio RFI de toutes sortes, allant de la cosmologie à l’astrophysique et au contact radio avec des civilisations extraterrestres dans l’Univers(SETI)”

[15] Voir mon dernier article sur Centauri Dreams l’impératif interstellaire.

[16] La science, la technologie et l’ingénierie certes mais aussi une meilleure connaissance de nos affects et de leurs « incarnations imaginales » dans leurs dimensions culturelles ! Je fais ici référence à trois sources qui je pense doivent être combinées et associées aux trois précédentes. Pour commencer, Spinoza pour bien comprendre cette mécanique des affects (Ethica Ordine Geometrico Demonstrata), Corbin pour pénétrer cette (ces) dimension(s) imaginale(s), ce Mundus Imaginalis (Imaginary and the Imaginal by Henri Corbin) à travers l’imagination spirituelle et Robert Jaulin pour prendre conscience de l’émergence de ces voies dans leurs expressions culturelles. On pourrait pour prendre une analogie considérer la civilisation comme l’expression d’une relation amoureuse entre la vie et le cosmos, une relation de « l’un avec l’autre », une relation interne/externe qui est alliance, alliance avec l’autre, de cet autre avec lequel le soi, le cosmos, l’être-le-monde s’élaborent (cf. Robert Jaulin-le cœur des choses) en une diversité dont les expressions exponentielles, les singularités ne sont que les projections locales de méta dimensions. 

[17] A mettre en rapport avec l’archéologie de l’innovation, Cf. Sander van der Leeuw.

[18] Ou pour prendre un autre exemple, le langage comme expression collective et « faisceautisée » de cette dimension fractale. Cf. how langage shapes though.

[19] Effectivement et cette rétroaction me semble bien mieux exprimée dans la notion d’écoumène d’Augustin Berque (« Berque A., 2000, Ecoumène- Introduction à l´étude des milieux humains, en lieu et place d’écologie qui embarque une conception de l’être séparé de son milieu.

[20] A rapprocher de l’approche consistant à coupler la vie et les planètes sur base du facteur SWEIT (Species With Energy Intensive Technology) –espèces disposant d’une technologie d’énergie intensive et, dans le langage de la théorie des systèmes dynamiques, le développement du concept de « faisceau de trajectoires » pour les évolutions d’une civilisation. Voir à ce propos l’excellente publication

Sustainability and the Astrobiological Perspective :
Framing Human Futures in a Planetary Context

Une trajectoire

Une trajectoire

[21] STEM : Acronyme pour Science Technology Engineering et Mathamatics (Science Technologie Ingénierie et Mathématiques. Comme déjà évoqué, il faut les intégrer dans leurs dimensions culturelle, imaginale et spirituelle voir note [16].

[22] Pourquoi les villes continuent à croître, les entreprises meurent toujours, et la vie va toujours plus vite ?  Why Cities keep on Growing, Corporations Always Die, and life gets Faster. Geoffrey B. West.

[23] Voir l’analogie avec la métamorphose explosive de l’humanité

[24] Sur le Transhumanisme en particulier, voir « Freedom and Culture- L'approche accélérationiste dans le cadre d'un contact. »

 

The Starry night – Van Gogh.

The Starry night – Van Gogh.

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commentaires

Nick Nielsen 09/04/2017 22:28

Permettez-moi de remercier gracieusement votre traduction.
Nick

M51 10/04/2017 19:45

Hi Nick, happy to see that you visited my blog. It’s my turn to thank you so much for your bright ideas and the fruitfulness of your posts. I have tried to share part of them with my readers, as the more we share ideas, the more we can think out of the box, building new concepts or renewing old ones to embrace this cosmic complexity, intricacy…This drives us far beyond our local way of life, to the « Island of Ether which is made up of a limited spherical mass of ether and galaxies, including our own, that float in this ether. There are millions of them, that is, spiral nebulae. In size they are like our Milky Way. The distance to the nearest is millions of light years. Consequently, the voids between them are dozens of times larger than they are. The entire Island of Ether contains many thousands of millions of millions of suns of all ages and millions of millions of millions of planets.
However, even the Island of Ether is but a small (even infinitely small) part of the unknown Universe. As a drop is small compared with an ocean, as an atom is negligible compared with the Earth or the Sun, so is the Island of Ether imperceptible compared with the unknown Cosmos. But even that is not correct, because it is still infinitely more majestic.
Of the limited character of our knowledge, the same can be said as is said of the Earth, the Sun, the Milky Way and the Island of Ether : it is immeasurably small. » cf. - Section : Island of Ether. The call of the cosmos- K.Tsiolkovsky.
Une question de puissance de 10 peut-être ou l’imbrication de singularités ?

Best regards.

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