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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 18:29
La vague d'Hokusai.

La vague d'Hokusai.

Extrait du chapitre “Le social comme excédence et comme élévation”, paragraphe “Géométrie différentielle du social: la nappe d’immanence.”- L’Imperium- Frédéric Lordon.

La géométrie différentielle appelle “nappe” la généralisation du plan “classique” horizontal, soit la surface bidimensionnelle la plus générale. A l’inverse du…plan plan, le propre de cette surface qu’est la nappe est de pouvoir être pliée, froncée, et par là comme élevée au-dessus d’elle-même. En réalité, on peut s’en faire une image très simple et très parlante: une vague. La vague d’Hokusai par exemple. C’est bien de la masse liquide, du bas donc, que se forme la vague qui s’élève au-dessus de la masse, et vient, par passage du point de déferlement, la dominer d’en haut. Et telle est bien la singulière figure que dessine la transcendance du social, émergée “d’en bas” mais s’élevant au-dessus du substrat qui lui a donné naissance pour le dominer comme un “en haut”, en une double dynamique ascendante-descendante où chaque moment capture l’un des termes: l’immanence est la phase ascendante, la transcendance la phase descendante. Le haut procède du bas en dernière analyse, voilà le paradoxe apparent de la transcendance immanente. Et il y a effet de transcendance – et non simplement transcendance- parce que la phase descendante a été précédée (engendrée) de la phase ascendante. Aussi ce qui est en fait le bas se présente-t-il aux individus, à leur perception et à leur imaginaire, revêtu de tous les attributs du haut: autorité verticale, communauté d’affection, puissance incommensurable- alors que ça n’est que celle de la multitube elle-même, mais comme séparée d’elle-même. Deleuze voulait faire tenir l’immanence dans un plan – le plan d’immanence. Logique si on a chassé la transcendance. Mais insuffisant si l’on veut penser l’élévation du social: le plan est trop plan. Pour se tenir à l’immanence mais atteindre les effets de transcendance, il faut un plan plus capable: une nappe d’immanence.

Ne pourrions-nous pas nous inspirer de cette fulgurance, de cette image de Lordon pour imaginer notre situation non plus sur une nappe mais sur une hyper sphère de dimension n-1 par rapport à la réalité, laquelle intégrerait l’ensemble des acteurs (consciences) de cette réalité (à noter que cette réalité pourrait se présenter alors de façon fractale et de dimension infini, chaque niveau donnant lieu à un niveau supérieur, dans un emboîtement de vagues sous forme de poupées russes?)

Ne serait-ce pas la porte ouverte dans ce cadre-là, à la possible constitution d’un corps (au sens de Spinoza) complexe, méta expression d’un ensemble de consciences intervenant selon différentes nappes constitutives de l’hyper sphère, le contact se présentant alors comme la singularité, le déferlement d’une vague, d’un hapax existentiel de la civilisation (des civilisations) impliquée(s)? N’atteignons-nous pas dans ce cadre la question de l’incommensurabilité, de l’impensabilité de la situation et ne pourrait-on pas à travers les analogies et les paradoxes et selon la formule de Deleuze exprimer justement cette impensabilité de l’étant?

 

Le cri version spirale.

Le cri version spirale.

Les impacts sont multiples.

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