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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 17:24
Parfois la réalité dépasse la fiction

Parfois la réalité dépasse la fiction

Où la création d’un mot par le cardinal Nicolas de Cuses résonne et raisonne dans notre présent ! Infinitif du verbe pouvoir en latin « Posse » associé à la troisième personne du verbe être à l’indicatif présent donne POSSEST et c’est précisément l’identité de la puissance et de l’acte par quoi se définit quelque chose [-2]. Eh bien pour la recherche des extraterrestres, des ETIs, ne faudrait-il pas justement s’inspirer de Spinoza et non pas rechercher ce que peut être une intelligence extraterrestre mais bien plus tôt ce qu’elle peut tout simplement, quelle est sa puissance dans le sens de ce qu’elle peut accomplir par exemple en matière de communication. En fait cela revient à développer une éthologie de l’extraterrestre dans le sens le plus rudimentaire, c’est une science pratique des manières d’être, une éthique. La manière d’être, c’est précisément le statut des étants, des existants du point de vue d’une ontologie pure. C’est ce qui permet de faire une distinction quantitative de plus et de moins entre existants, c’est l’opposition qualitative des modes d’existence, c’est la polarisation qualitative des modes d’existence. Eh bien figurez-vous qu’une publication récente engage à une démarche de ce type en multiplexant diverses disciplines scientifiques pour imaginer ce que peut une ETI ! S’il est un signe des temps, celui-ci est de taille. Enfin un travail intelligent à saluer tant par son originalité que par la multidisciplinarité qui transpire de cette publication. Petit cocorico féministe aussi, sans plus toutefois car ces questions dépassent les nations, ce travail de qualité est produit par une française, mais pas n’importe qui car la lecture de son CV permet de mieux comprendre son approche multidisciplinaire[-1].A l’heure où les scientifiques découvrent que notre seule galaxie pourrait abriter près de 40 milliards de planètes similaires à la Terre (Petigura et al., 2013) [0] [1], cette question de l’altérité des étoiles n’est plus une question d’hurluberlu mais bien plutôt un véritable changement de paradigme, une question proprement politique et un séisme que provoque l’altérité en impactant toutes les cultures de cette planète. Seuls les adeptes de la Terre rare et nos experts « rationalistes » bas du front, ceux là même mettent des œillères pour regarder le paysage sont encore capables de nous affirmer doctement que nous pourrions être seuls! Mais la science progresse et percute ces conceptions erronées.

 

Alien Mindscapes—A Perspective on the Search for Extraterrestrial Intelligence Nathalie A. Cabrol

http://online.liebertpub.com/doi/pdf/10.1089/ast.2016.1536

Je me suis permis de traduire quelques passages et notamment la conclusion qui est remarquable à plus d’un titre. J’ai parfois interprété  et apporté quelques compléments à cette perle. Une publication à conserver précieusement. En italique des extraits du texte, mes commentaires en police normale.

 

Nous nous cherchons nous mêmes, pas étonnant que nous ne trouvions rien pour le moment.

C’est comme faire le tour du monde à la recherche de votre alter EGO et finalement de conclure que celui-ci n’existe pas en oubliant les autres, tous ceux qui vous entourent…

Nos critères dans l’équation de Drake deviennent locaux plus on se déplace vers la droite de l’équation,  par exemple les transitions de la vie à l’intelligence, puis à la civilisation puis à la technologie ne caractérisent même pas les formes de vie sur la Terre. Cela nous caractérise. Et ce travers ne caractérise pas seulement SETI mais aussi la recherche en astrobiologie où nous cherchons des mondes similaires à la Terre.

Cette coévolution (coévolution de la vie et de son environnement) définit la nature unique de l’expérience de la vie dans chaque système planétaire et pas seulement lorsque la vie atteint un stade technologique.

Figure 1 : Exemple d’un chemin intégré vers  la détection d’ET montrant les questions scientifiques de base (par exemple qui et quoi cherchons nous ? et où ?), les concepts scientifiques multidisciplinaires clé, et les méthodes d’exploration pertinentes (comment enquêtons nous ?). La combinaison des questions et des approches se traduisent dans une vision directe et scientifiquement enrichie de la détection d’ET, dont le produit est un objectif d’exploration raisonné. Depuis 1960, la stratégie d’exploration du SETI a mis en priorité les méthodes de détection (radio puis recherches dans le domaine optique) sans adresser la nature fondamentale du qui et du quoi ET pourrait-être, ce qui a des implications fondamentales pour savoir où le chercher et comment s’y prendre.  Les concepts scientifiques et les méthodes indiqués ici sont discutés dans la publication.

Figure 1 : Exemple d’un chemin intégré vers la détection d’ET montrant les questions scientifiques de base (par exemple qui et quoi cherchons nous ? et où ?), les concepts scientifiques multidisciplinaires clé, et les méthodes d’exploration pertinentes (comment enquêtons nous ?). La combinaison des questions et des approches se traduisent dans une vision directe et scientifiquement enrichie de la détection d’ET, dont le produit est un objectif d’exploration raisonné. Depuis 1960, la stratégie d’exploration du SETI a mis en priorité les méthodes de détection (radio puis recherches dans le domaine optique) sans adresser la nature fondamentale du qui et du quoi ET pourrait-être, ce qui a des implications fondamentales pour savoir où le chercher et comment s’y prendre. Les concepts scientifiques et les méthodes indiqués ici sont discutés dans la publication.

La vie sur Terre est le résultat de 4 milliards d’années d’histoire, d’influences réciproques entre le milieu et les processus biologiques, le résultat de goulots d’étranglement induits par la géologie, le climat et les évènements cosmiques.

 

Il s’ensuit que, même en envisageant la panspermie et les échanges de matériel entre planètes comme mécanismes premiers d’ensemencement, deux planètes avec un environnement absolument similaire et recevant absolument les mêmes germes peuvent avoir des destinées biologiques très variées en fonction des phénomènes d’extinction, des goulots d’étranglement, et des évènements impactant l’environnement sur la durée ( En poussant le raisonnement de Nathalie, cette diversité est aussi à envisager dans l’histoire même d’une planète qui peut donner lieu à des histoires de la vie différente dans la longue durée ).

Figure 2 : La coévolution de la vie et de son environnement. La perception environnementale et les systèmes neuraux des espèces vivant sur la Terre sont intimement liés à la coévolution de la vie et de son environnement, un processus qui est sujet aux probabilités d’évènements pendant son continuum. Ce processus a commencé avec l’accrétion et les éléments spécifiques qui contribuèrent à la formation de la planète. Lors du passage de la chimie pré biotique à la vie, la période du bombardement soutenu a continué à amener de façon aléatoire des matériaux sur la Terre, contribuant à la destruction de la vie naissante au profit du développement d’une nouvelle. Lorsque la vie prit pied, les évènements stochastiques continuèrent dans le monde physique comme les catastrophes environnementales et cosmiques, et dans le monde biologique comme des évolutions adaptatives et des changements épi génétiques. Alors que les notions de zone habitable et d’habitabilité environnementale sont critiques pour savoir si une planète peut abriter la vie, la nature très aléatoire de la coévolution de la vie et de son environnement rend chaque planète et la vie comme une expérience unique, ce qui pose questions dans les principes anthropocentriques sous-jacents de l’équation de Drake.

Figure 2 : La coévolution de la vie et de son environnement. La perception environnementale et les systèmes neuraux des espèces vivant sur la Terre sont intimement liés à la coévolution de la vie et de son environnement, un processus qui est sujet aux probabilités d’évènements pendant son continuum. Ce processus a commencé avec l’accrétion et les éléments spécifiques qui contribuèrent à la formation de la planète. Lors du passage de la chimie pré biotique à la vie, la période du bombardement soutenu a continué à amener de façon aléatoire des matériaux sur la Terre, contribuant à la destruction de la vie naissante au profit du développement d’une nouvelle. Lorsque la vie prit pied, les évènements stochastiques continuèrent dans le monde physique comme les catastrophes environnementales et cosmiques, et dans le monde biologique comme des évolutions adaptatives et des changements épi génétiques. Alors que les notions de zone habitable et d’habitabilité environnementale sont critiques pour savoir si une planète peut abriter la vie, la nature très aléatoire de la coévolution de la vie et de son environnement rend chaque planète et la vie comme une expérience unique, ce qui pose questions dans les principes anthropocentriques sous-jacents de l’équation de Drake.

Figure 3 : ETERNET où le réseau de la recherche ET ? Le réseau de connexions entre les disciplines  montrant les ponts (cognitifs ?) et les boulevards de recherche qui lie ensemble les sciences de l’espace, la planétologie, les sciences de la vie, les géosciences, l’astrobiologie, les sciences mathématiques et cognitives. Cette représentation est une version étendue de l’équation de Drake. Elle intègre tous les facteurs historiques maintenant éclatés en termes mesurables et étendus pour inclure la recherche de la vie que nous ne connaissons pas en utilisant des marqueurs universels (notion d’invariants), et les disciplines, les champs et les méthodes qui nous permettront de les quantifier.

Figure 3 : ETERNET où le réseau de la recherche ET ? Le réseau de connexions entre les disciplines montrant les ponts (cognitifs ?) et les boulevards de recherche qui lie ensemble les sciences de l’espace, la planétologie, les sciences de la vie, les géosciences, l’astrobiologie, les sciences mathématiques et cognitives. Cette représentation est une version étendue de l’équation de Drake. Elle intègre tous les facteurs historiques maintenant éclatés en termes mesurables et étendus pour inclure la recherche de la vie que nous ne connaissons pas en utilisant des marqueurs universels (notion d’invariants), et les disciplines, les champs et les méthodes qui nous permettront de les quantifier.

L’hypothèse de la biosphère de l’ombre ? La question d’une histoire contenue dans l’« âme collective », une sorte de réceptacle des expériences passées qu’elles soient fulgurantes ou catastrophiques et qui marquent la biosphère de sa diversité. L’idée qu’une diversité biologique puisse refléter un parcours chahuté qui a contribué à produire une multiplicité d’options avec une coévolution vie/environnement. La Terre de ce point de vue serait particulière et cette diversité se retrouverait dans l’expression de chaque forme de vie et de ses individus, faisant de cette caractéristique une sorte d’invariant terrestre. Ce ne serait pas forcément le cas ailleurs où peut-être des environnements moins chahutés ont produit des formes de vie moins diversifiées.

 

N’est ce pas d’une certaine façon un refus d’envisager l’altérité dans toute sa multiplicité en projetant le masque de l’humanité sur les autres formes de vie potentielle de l’univers ? Une façon d’apprivoiser l’inconnu ? Mais ce dernier, même s’il nous ressemblait ne serait-il pas tout simplement différent ?

5.1 Pour conceptualiser un type de vie différent, nous devons « sortir » de nos cerveaux.

Pour les espèces, la récolte des informations se fait par les sens, certains sont partagés par les espèces (la vue, l’odorat) d’autres sont propres à une espèce en particulier (écholocation, électro réception, magnéto réception)

 

Notion de synthèse étendue (extended synthesis) qui suggère que la vie, l’intelligence et la perception sont formées et conçues pour répondre à une environnement planétaire et cela a de profondes implications dans les principes anthropocentriques de la recherche SETI.

Cependant, il serait déraisonnable de suggérer qu’une convergence évolutive similaire ne s’est jamais produite ailleurs que sur Terre compte tenu du nombre de planètes déjà découvertes dans une si petite fenêtre spatiotemporelle que nous a fourni Kepler.

 

Pour trouver ET, nous devrons tourner en spirale vers l’intérieur (évolution, perception et communication) et vers l’extérieur (les environnements planétaires) et remettre en question nos hypothèses anthropocentriques.

A travers la consilience[2], nous pouvons construire une vision de la vie intelligente dans l’univers à la fois systémique et connective. Pour être menée, cette vision demande l’exploitation de synergies multidisciplinaires et un cadre intellectuel avec un agenda et des étapes clairs. Une structure intellectuelle et logistique similaire fut établie avec succès il y a 20 ans par la NASA avec la création de l’institue d’Astrobiologie de la NASA (NAI :NASA Astrobiology Institute) pour la compréhension de la vie sur Terre et ailleurs. Cependant les feuilles de route présentes et passées n’ont pas mis suffisamment l’accent sur l’intelligence extraterrestre, la communication ou la technologie.

Dans les mois à venir, l’institut SETI initiera des efforts dans cette direction, et invitera les Etats Unis et les communautés de recherche internationales à contribuer à la préparation d’une nouvelle feuille de route pour le SETI. Nous explorerons les ressources pour le développement d’un institut virtuel et d’un cadre intellectuel pour des projets multidisciplinaires spécialement dédiés aux avancées dans la connaissance d’ETI. Différente mais complémentaire de la feuille de route de l’astrobiologie, cette vision fera le pont avec la feuille de route du NAI, l’augmentera et ira bien au delà.

Son premier but sera de « comprendre comment la vie intelligente interagit avec sont environnement et communique ».

Ceci sera exploré selon les 3 questions principales :

Question 1 : Comment la vie intelligente est-elle abondante et diverse dans l’univers ? Avec cette question, le SETI utilisera de façon conjointe des données provenant de l’astrobiologie, des sciences biologiques, des sciences de l’espace et de la planétologie, de l’exploration, et des géosciences pour caractériser quantitativement et qualitativement l’abondance potentielle et la diversité de la vie intelligente dans l’univers. Sa distribution spatiotemporelle sera approchée en utilisant les modèles cosmologiques de l’évolution physicochimique de l’univers et des biochimies viables supposées.

Question 2 : Comment la vie intelligente communique t’elle ? Les sciences cognitives, les neurosciences, la théorie de la communication, les sciences mathématiques, l’informatique bio neurale, le data mining, les analyses des big data, parmi d’autres disciplines, exploreront la communication dans les espèces intelligentes terrestres. Ils utiliseront les modèles biochimiques et physicochimiques des environnements exo planétaires connus pour générer et cartographier des systèmes neuronaux probabilistes et homologues, et inférer les gammes possibles de systèmes sensitifs d’extraterrestres viables et la perception de l’univers que cela confère. Des modèles de distribution seront supposés à partir de la question 1 en relation avec les recherches.

Question3 : Comment pouvons nous détecter la vie intelligente ? Des stratégies d’exploration, des instruments, des protocoles expérimentaux, des technologies, et des messages (le contenu et le support) seront établis en utilisant les résultats, les données et les bases de données de recherches conduites à partir des questions 1 et 2.

Enfin, la vision de SETI ne devrait plus être limitée à savoir si ET a de la technologie, s’il nous ressemble ou s’il pense comme nous. L’approche présentée ici rendra ces attributs moins pertinents, ce qui étendra grandement les échantillons potentiels et les méthodes de recherche, augmentant d’autant les probabilités de détection.

La vie intelligente avancée au delà de la Terre est très certainement abondante, mais nous ne nous sommes pas ouverts nous mêmes au plein potentiel de sa diversité. Avec la vision présentée ici, nous offrons un approche unifiée et universelle pour la recherche de la vie extraterrestre-une vision qui est mesurable et cherche ET au croissement de l’innovation technologique, scientifique et de l’imagination.

 

Comme déjà dit, un travail remarquable. Personnellement j’aurais ajouté une dimension qui est en filigrane car elle est implicite mais justement constitue une dimension clé, celle de la culture. On ne peut pas faire l’impasse de cette dimension dans une telle recherche et c’est un axe majeur dans la matrice de connaissances (cf Robert Jaulin).

 

[-3]ETERNET :ExtraTerrestrial ERa NETwork.

 

[-2] A l’heure où la propagande télévisuelle ne sait que nous produire le vide, la médiocrité et de la traitrise si bien incarnés par nos élites politiques, il est rassurant de constater qu’ailleurs la science et la connaissance produisent des fleurs.

[-1]J’emprunte ici à un cours de Gilles Deleuze sur Spinoza.

 

[0]D’autres publications font état de 700 000 milliards de planètes dans l’univers (le notre) (Zackrisson et al., 2016) et la grande majorité serait plus vieille que la Terre! Alors si comme Sakharov, vous envisagez d’autres feuillets…la messe est dite.

 

[1] En utilisant un index de complexité biologique, Irwin et al. (2014) ont proposé l’existence dans notre galaxie de 100 millions de planètes où se serait développée la vie, ce qui ne veut pas dire nécessairement une vie avancée technologiquement.

 

 

[2]Consilience : Pour convergence des preuves et concordance des preuves se réfère au principe selon lequel les preuves provenant de sources indépendantes et non reliées peuvent converger vers des conclusions fortes. C’est, lorsque de multiples sources de preuves sont en accord, la conclusion peut être forte même si chaque preuve prise individuellement n’est pas suffisante en elle même.

Ce principe est basé sur l’unité de la connaissance ; En mesurant le même résultat par plusieurs méthodes différentes cela devrait conduire à la même réponse.

Ce concept fut développé par le philosophe William Whewell.

On pourrait par extension appliquer la consilience au dossier OVNI et je vous laisse tirer par vous même les conclusions. D’ailleurs, en ouvrant nos cerveaux, ne devrions nous pas considérer justement ces OVNI pour ce qu’ils sont ?

Univers des possibles?

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