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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 17:34

Combien de fois avez vous pu lire à propos des OVNI que untel croirait à ces affaires le jour où une preuve indiscutable lui serait présentée et qu’il était de ce fait un peu comme Saint Thomas, il lui faut voir cette preuve pour y croire. Outre le fait que celui qui s’intéresse avec « sérieux » à ce sujet constatera que le dossier fourmille d’indices et d’éléments matériels qui par le jeu d’un puzzle multidisciplinaire s’emboîtent parfaitement pour donner une image bien «réelle » du phénomène et qu’il est d’une certaine façon totalement erronée d’affirmer qu’il n’existe pas de preuve, on peut rajouter que ce travers révèle aussi un à priori dans la noétique du locuteur. Je m’explique, celui qui tient de tel propos, marqué très certainement par la philosophie d’Aristote, fait l’hypothèse implicite que toute connaissance a son origine dans la perception sensible occultant de facto toute une partie de la réalité, et notamment notre dimension imaginale (Cf Henri Corbin). On peut d’ailleurs faire un parallèle avec la question des preuves de l’existence de Dieu. Comme le souligne avec brio Etienne Gilson dans son excellent « Plaidoyer pour les servantes » à propos de la preuve de l’existence mathématique de Dieu :

« Même à part Descartes, Malebranche et Leibniz, de bons esprits ont tenté de faire de l’existence de Dieu une conclusion mathématiquement démontrée. Mais c’est en vain qu’on s’y efforce, car si nous avions une démonstration mathématique de l’existence de Dieu, nous n’en chercherions pas d’autre. Les mathématiques sont un langage parfaitement formalisé. Elles le sont justement parce que leurs objets ne sont pas des choses, mais des signes créés par le mathématicien. En un sens, comme le Dieu d’Aristote, l’esprit du mathématicien est une pensée qui se pense elle-même. Comme l’a dit un mathématicien contemporain [0], « la mathématique est de nature radicalement non-ontologique ». Et encore : « les mathématiques mettent l’ontologie entre parenthèses ; le discours mathématique est comme un filet dont la maille, si fine soit-elle, laissera toujours passer le liquide métaphysique ». A quoi cet esprit pénétrant ajoute cette remarque de grande portée : « La conscience de ce fait explique peut-être pourquoi les grands philosophes ne veulent plus devenir mathématiciens ». »

 

On sent bien tout l’intérêt de développer la multidisciplinarité dans la recherche de la connaissance pour faire sauter tous les verrous d’une part et d’être conscient des chemins que l’on emprunte d’autre part, surtout lorsque ceux-ci sont des impasses et qu’il convient de changer de route ! On peut construire autre chose sur cette planète qui peut nous permettre d’aborder nos singularités d’une toute autre façon et rebondir sur celles-ci pour aborder la sphère étoilée en toute sérénité tout en découvrant l’altérité.

Saluons les approches différentes qui instillent dans la conscience collective la lumière de la connaissance dans la recherche de l’Un et du multiple. A ce propos, pour une écoute sans modération dans l’espoir d’une logique iconique musicale où tous nos sens seraient sollicités y compris les sens de la conscience imaginale :

« People tend to have different backgrounds depending on what region/country they’re from, depending on their religions and believes, but humans should forever be united as a whole to make this planet a better place. »

 

[0]

Il s’agit du mathématicien A. Lichnerowicz. « L’actualité mathématique et son rôle dans notre conception du monde » dans Bulletin de la société française de philosophie. 59 (1965) 4, p.188 et 192.

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