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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 20:40
Disques protoplanétaires

Disques protoplanétaires

Dans « la logique comme question en quête de la pleine essence du langage », Martin Heidegger émet au début du bouquin dans un chapitre intitulé « La nécessaire tâche d’un ébranlement de la logique » une opinion qui me semble des plus pertinente pour la question du paradoxe de Fermi :

« Tous ceux qui de ce point de vue se croient libres se meuvent malgré eux dans les modes et les procédés de pensée familiers de ce passé bimillénaire. »

signifiant s’il le fallait l’extrême difficulté de s’extirper d’un mode de penser « carcan » qui nous empêche d’envisager « l’impossible ». Or que penser du paradoxe de Fermi si ce n’est qu’il est l’expression même de ce carcan et le pur produit « de modes et de procédés familiers » d’un champ culturel totalitaire qui n’est autre que celui du complexe militaro industriel et de la toute puissance qu’il veut imposer au monde! Fermi d’une certaine façon fait partie des pères fondateurs de cette horreur, la bombe atomique et des milliers de victimes que « cette brillante, aveuglante [0] recherche scientifique » produisit, créant pour les générations futures cette épée de Damoclès qui n’a pas fini de nous inquiéter. Mais revenons à ce fameux paradoxe. J’avais déjà évoqué il y a quelque temps en quoi ce paradoxe n’en était pas vraiment un dans la mesure où les hypothèses de départ et le modèle mathématique utilisé pour le construire, inspirés des processus et réactions nucléaires de désintégration nucléaire, reflétaient de façon médiocre l’évolution de la croissance des populations dans un univers « réaliste ». L’hypothèse initiale de Fermi présente deux autres défauts majeurs. D’une part Fermi fait l’hypothèse d’une croissance exponentielle de la population alors même qu’aucune espèce trouvée sur Terre ne suit un modèle de croissance simplement exponentiel.

D’autre part il est très probable que la galaxie grouille d’espèces[1] qui maintiennent en état leurs niches originelles sans pour autant partir à la conquête de la galaxie, ce qui n’exclut pas qu’il puisse exister des espèces en compétition avec d’autres dont l’évolution des populations respectives pourrait-être modélisée selon la loi de Lanchester et les équations de Lotka-Volterra. On trouvera un développement de ces éléments dans le bouquin produit par deux autres acteurs du complexe militaro industriel , Travis S.Taylor et Bob Boan, An introduction to Planetary Defense, paragraphe 1.3 et suivants pages 30 à 45, les temps changent et les visions aussi !

Mais un aspect complémentaire qui m’avait totalement échappé jusqu’à présent concerne la question même de l’ethnocide. Il est fréquent dans les discussions relatives aux extraterrestres d’évoquer ce dernier pour justifier le « non contact » des civilisations extraterrestres qui ne voudraient pas interférer avec les terriens. Ce point à lui seul pourrait constituer une réponse à ce fameux mauvais paradoxe de Fermi mais il faut cependant préciser un point supplémentaire. Robert Jaulin qui est l’inventeur de ce concept d’Ethnocide (lire la paix blanche, introduction à l’ethnocide) l’a conçu dans le cadre de la rencontre de deux civilisations dont les champs culturels sont différents mais aussi et surtout dont l’un est totalitaire et prétend à l’universalité, en l’occurrence le champ de la mondialisation et du consumérisme. Il est fort peu probable que nos visiteurs aient développé un champ totalitaire similaire dans la mesure où nous ne serions déjà plus là pour écrire et lire ces lignes… Robert Jaulin termine son bouquin par cette phrase que je trouve prophétique et que je me suis permise d’amender pour lui donner à la fois un caractère local mais aussi global :

« Une civilisation universelle ne peut-être qu’une civilisation du dialogue, faute de quoi l’univers humain et extrahumain éclaterait ; et le dialogue n’est possible que si toute partie, toute civilisation, se refuse à prétendre à la totalité. »

S’il n’y a pas contact de masse, ce n’est pas en vertu d’un hypothétique Ethnocide mais bien plutôt parce que le champ culturel terrien prétend à la totalité (voir à ce sujet nos « experts de la Terre rare » et la façon dont nous menons cette planète et dont nous considérons nos propres voisins terriens) et que les contacts sont peut-être ciblés dans les communautés développant un champ culturel compatible avec les choses du cosmos !

 

[0] Aveuglante dans le sens d’un aveuglement de la conscience et du champ éthique.

[1] Même en prenant la position la plus défavorable et la plus pessimiste qu’il soit (en se mettant dans la peau des inconditionnels de la Terre rare), on tombe sur une probabilité non nulle concernant l’existence d’espèces technologiques dans l’univers autre que l’humanité ! Alors si l’on met un peu de bonne volonté en prenant en compte toutes les histoires récentes sur la panspermie, mars, etc…ça va finir par grouiller ! Une question de temps et d’observations[2]

http://arxiv.org/pdf/1510.08837v1.pdf

A New Empirical Constraint on the Prevalence of Technological Species in the Universe - A. Frank1 & W.T. Sullivan, III2

Une nouvelle contrainte empirique sur la fréquence des espèces technologiques dans l’univers.

Dans cette publication nous répondons à la question de la fréquence cosmique des espèces technologiques. Des avancées récentes dans les études des exo planètes fournissent des contraintes fortes sur tous les termes astrophysiques de l’équation de Drake. En utilisant ceux-ci et en modifiant la forme et le dessein de l’équation de Drake nous montrons que nous pouvons fixer une limite irrévocable la plus basse sur la probabilité que des espèces additionnelles technologiques aient évolué en quelque temps et en quelque lieu dans l’histoire de l’univers observable. Nous trouvons que si  la probabilité qu'une planète d’une zone habitable développe une espèce technologique est plus grande que 10 à la puissance -24, alors l’humanité ne constitue pas la seule fois qu’une intelligence technologique ait évolué. Cette contrainte a des conséquences scientifiques et philosophiques importantes.

Le nombre A d’espèces technologiques qui sont apparues dans toute l’histoire de l’univers en fonction du facteur d’échelle Rs, des différentes structures hiérarchiques  dans lesquelles leurs étoiles hôtes sont trouvées : Galaxies, Amas de galaxies, super amas de galaxies et l’univers dans son entièreté.  Les valeurs de référence de A= 0,01 et 100 sont marquées. Les quatre courbes représentent les différentes valeurs de fbt, la probabilité qu’une espèce technologique apparaisse sur une planète d’une zone habitable donnée. Seulement si fbt tombe aussi bas que 2,5 10 à la puissance -24 et 2,5 à la puissance -22 pour qu’il soit probable qu’aucune autre espèce technologique ne soit jamais apparue dans l’ensemble de l’univers.

Le nombre A d’espèces technologiques qui sont apparues dans toute l’histoire de l’univers en fonction du facteur d’échelle Rs, des différentes structures hiérarchiques dans lesquelles leurs étoiles hôtes sont trouvées : Galaxies, Amas de galaxies, super amas de galaxies et l’univers dans son entièreté. Les valeurs de référence de A= 0,01 et 100 sont marquées. Les quatre courbes représentent les différentes valeurs de fbt, la probabilité qu’une espèce technologique apparaisse sur une planète d’une zone habitable donnée. Seulement si fbt tombe aussi bas que 2,5 10 à la puissance -24 et 2,5 à la puissance -22 pour qu’il soit probable qu’aucune autre espèce technologique ne soit jamais apparue dans l’ensemble de l’univers.

Probabilités

Probabilités

 

[2]

http://arxiv.org/pdf/1510.06444v1.pdf

Next Generation Very Large Array Memo No. 6 Science Working Group 1
The Cradle of Life

"Cette publication discute les cas de science convaincants pour un interféromètre futur de longue base opérant aux longueurs d’ondes millimétriques et centimétriques comme le très grand réseau de nouvelle génération-Next Generation Vary Large Array (ngVLA). Nous rendons compte des activités du groupe de travail scientifique le « berceau de la vie » qui s’est focalisé sur la formation des étoiles de grandes masses et de faibles masses, la formation des planètes et l’évolution des disques protoplanétaire, l’étude physique et de la composition des corps du système solaire, et la détection possible des signaux radios des civilisations extraterrestres. Nous proposons 19 projets scientifiques basés sur les spécifications actuelles du ngVLA. On met l’accent sur 5 de ceux-ci comme des projets de science clé :

1 Résoudre la structure en densité et la dynamique des régions HII les plus jeunes et des jets proto stellaires de grande masse.

2 Mettre en évidence des proto étoiles doubles ou multiples à haute résolution.

3 Cartographier les régions de formation des planètes dans les disques proches à des échelles de 1 AU.

4 Etudier la formation des molécules complexes.

5 Cartographier en profondeur l’atmosphère des planètes géantes dans le système solaire.

Pour chacun de ces projets, nous discutons l’importance scientifique et la faisabilité. Les résultats présentés ici devraient être considérés comme les prémisses d’analyses plus approfondies permises par un tel instrument, et en aucune façon complets et exhaustifs."

 

Concernant le paragraphe SETI, on remarquera la conjonction d’instruments surpuissants qui ne pourront que renforcer le capacité de détection GAIA et le Transiting Exoplanet Survey Satellite (TESS). Pour donner une idée le ngVLA permettrait de détecter une émission radio comparable à nos propres radars à forte puissance (en émission isotropique, ce n’est pas dit dans le texte) utilisés dans l’aviation à partir d’une douzaine d’étoiles proches en seulement 10 mn !

 

 

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commentaires

gzav 04/11/2015 12:44

Merci pour ce beau travail de traduction et de vulgarisation.

M51 06/11/2015 18:28

Je fais de mon possible pour essayer de partager. Ce n'est pas toujours facile et cela prend du temps. Merci pour vos encouragements et je suis contente que cela intéresse.

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