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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 17:37
Les chemins de l'impossible.

Les chemins de l'impossible.

« Nous ne pouvons pas sortir de nous lorsque nous parlons. Nous sommes le lieu de notre propre discours et le problème est de savoir quel est ce lieu et quel est le coefficient d’ouverture de ce lieu. Alors évidemment, on sait bien qu’il y a des relations d’alliance, qu’il y a des pivotements sur soi et des unités de sens, qu’il y a des axes, mais on sait aussi qu’il y a pour le meilleur et pour le pire beaucoup de nœuds. Le problème des nodosités, le problème des nœuds est un problème qui est extrêmement présent dans le discours de la physique et dans le discours de la quotidienneté culturelle, c’est notre pain quotidien. C’est avec cela que nous vivons à tout moment. On peut le dire sous la forme d’un poème, c’est à dire d’une définition. Un poème, c’est la même chose qu’un axiome et où au lieu de se contenter du poème, c’est à dire de l’axiome, on peut y ajouter une démonstration et puis on peut y ajouter des preuves. La physique aboutit à des preuves, après ils font des bombes atomiques et tout cela. Mais les cultures aussi sont toutes différentes les unes des autres et elles fournissent leurs preuves, elles sont, elles existent ! Une culture, c’est une expérience de physique si je puis dire, ça a la même valeur de vérité, la même valeur de preuve en tant que preuve. »

Robert Jaulin.

 

Rimbaud à Paul Demeny (Lettre du Voyant, 15 mai 1871)

« Car Je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. Cela m’est évident : j’assiste à l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute : je lance un coup d’archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d’un bond sur la scène. Si les vieux imbéciles n’avaient pas trouvé du Moi que la signification fausse, nous n’aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini, ! ont accumulé les produits de leur intelligence borgnesse, en s’en clamant les auteurs ! (…) La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière ; il cherche son âme, il l’inspecte, il la tente, l’apprend. Dès qu’il la sait, il doit la cultiver ; cela semble simple : en tout cerveau s’accomplit un développement naturel ; tant d’égoïstes se proclament auteurs ; il en est bien d’autres qui s’attribuent leur progrès intellectuel ! — Mais il s’agit de faire l’âme monstrueuse : à l’instar des comprachicos, quoi ! Imaginez un homme s’implantant et se cultivant des verrues sur le visage. Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, — et le suprême Savant — Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innombrables : viendront d’autres horribles travailleurs ; ils commenceront par les horizons où l’autre s’est affaissé ! »

les cultures exotiques aussi sont toutes différentes les unes des autres et elles fournissent leurs preuves, elles sont, elles existent !

les cultures exotiques aussi sont toutes différentes les unes des autres et elles fournissent leurs preuves, elles sont, elles existent !

Charleston

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